L’exposition « Irions-nous vivre dans les bois ? » fait suite à celle qui a eu lieu – sous le même titre – en 2016 à Rome.
L’orme de Hougulou était alors au centre des œuvres. A Pékin où elle résidait, Valérie Honnart a assisté à l’abattage de cet arbre centenaire pour faire place à des constructions nouvelles. Arbre grandiose qu’elle avait souvent photographié.
L’arbre est omniprésent dans le travail de l’artiste. Arbre de vie, arbre réconfort, arbre symbole entre la terre et le ciel.
Les formes que produit la nature sont souvent habitées d’une vie secrète. L’arbre est habité de l’espérance de l’homme, de ses invocations aux dieux, de ces amours et de ses deuils. C’est probablement le plus ancien menhir de l’humanité, celui qui laissait entrevoir le retour vers le ciel. L’arbre-réceptacle céleste exhale le sacré d’une lumière installée jusque dans ses racines.
Il produit d’autres graines, symboliquement d’autres enfants. Il s’établit à un endroit, comme l’être humain dans sa maison, et il travaille comme une véritable usine, produisant tous les
éléments qui le constituent et mettant à disposition tout ce qu’il produit, tout ce qu’il est. Il transforme la pollution et participe à la création de l’oxygène indispensable à la vie sur Terre. À lui seul, il représente une véritable société altruiste, car il offre gratuitement abri, nourriture et autres, à une multitude d’espèces, y compris l’homme.
Le titre « Irions-nous vivre dans les bois ? » fait référence aux migrants qui n’ont plus d’autres endroits que la forêt pour se réfugier, pour se cacher, pour espérer vivre en attendant une vie meilleure.
« L’artiste devient alors une sorte d’ « ar(t)briste ». Cet être de l’instabilité assumée recherche l’équilibre dans et part la forêt. Il devient même ainsi une sorte d’« équil’ar(t)briste ». A lui le privilège de s’élever, comme l’arbre et sur l’arbre, pour défier les lois de l’équilibre et découvrir les jeux subtils de la lumière dans et au-dessus de la forêt. Et, en bon ar(t)briste qui se respecte, il trouve la lumière. Car il sait trouver refuge sous l’arbre et jusque dans son tronc, rechercher les multiplicités des êtres de la jungle pour oublier la négation des différences,(…) » Claude Mollard.Il y a cinq ans, Hougulouyuan hutong était une petite rue tortueuse qui contournait plusieurs siheyuan (cours carrées traditionnelles chinoises).
Dans la cour de l’une de ces maisons il y avait un arbre majestueux. Un Orme aux branches tordues par les années.
Tous les jours je passais devant, je le saluais, je le photographiais.
Un jour, une rue droite a été tracée, le siheyuan a été détruit comme tant d’autres, des palissades ont été dressées, puis des murs, puis entre quatre murs le tronc de cet arbre a été enfermé. En juin 2014, le feuillage était moins dense, je quittais Pékin.
En Octobre 2014, de passage à Pékin, toutes les branches avaient été coupées, le tronc comme l’os d’un squelette se tenait, triste, entre quatre murs, et ses racines étouffées par le béton….

En Avril 2015, le tronc avait disparu, les quatre murs avaient un toit, et un locataire…. A l’intérieur de la petite pièce, la souche de l’arbre occupait la moitié de la pièce. Une femme l’utilisait comme table pour couper des légumes et préparer son déjeuner.
Elle ne savait pas pourquoi il y avait cette chose chez elle. Elle ne savait rien de cet arbre.

Valérie Honnart est née et a grandi à Paris. C’est en Chine qu’elle s’est consacrée à la peinture.

« …Les techniques et les matériaux qu’elle utilise dans ses œuvres (encre de Chine, soie, laque) sont le fruit de sa connaissance de la culture acquise lors d’études et de séjours à Hong Kong. Les œuvres peuvent être peintes sur des supports en bois qui font rejaillir l’aspect satiné de la laque, des toiles de lin, ou des soies marouflées. La délicatesse de l’encre de Chine, les nombreuses phases de préparation du support, et ce qui dans la peinture
asiatique sert à rendre les émotions paisibles et les actions méditatives, se transforment dans les mains de Valérie en signe expressionniste et en émotion. Les œuvres de Valérie sont comme des pierres pavant la route de son existence, signalant les moments forts, exprimant des pensées qu’elle extrait de son intériorité… »
Lucia Collarile, Rome 2016.

Valérie Honnart a vécu à Hong Kong à Paris, à Pékin et à Rome. Forte d’un enseignement en peinture chinoise traditionnelle à Hong Kong, elle a enrichi ses techniques dans les différents lieux où elle a vécu.
Son inspiration en peinture est le fruit de chemins croisés : un regard en quête de synergie du vide et du plein propre à l’Asie, une quête de ce qui dépasse l’homme et des liens qui les unissent les uns avec les autres.
Elle expose en Chine, à Taiwan et en Corée avec la galerie Philippe Staib dans des foires d’art contemporain ou en expositions personnelles.
En Europe, elle expose régulièrement en Belgique avec la galerie du Château, en France (à Paris et à Lille principalement), ainsi qu’en Italie. A Rome, elle a exposé dans différents lieux publics ou privés dont la galerie Massenzio en 2006, Spazio Cerere en 2016, l’Institut Français en 2017. Elle anime des ateliers d’écriture et d’illustration en milieu scolaire ou hospitalier. Elle a enseigné en école d’art à Pékin.

Sélection d’expositions personnelles :
2017 : Institut Français, Rome : “Au-delà”- octobre.
Villa Medici, Rome : conférence et exposition dans le cadre des jeudis de la Villa – 26 janvier.

2016 : Spazio Cerere, Rome : « Andremmo a vivere nei boschi? », avec le soutien de l’Institut
Français de Rome – octobre.
Galerie Peep Art, Bruxelles: « Songes d’Orient » – mai.

2015 : Galerie du Château, Belgique – septembre.
Espace Éphémère Louvre, Paris : « Va et vient » – mars.

2013 : Galerie Philippe Staib, Shanghai : « Imaginer Sisyphe Heureux » – octobre-décembre.

2012 : Galerie Philippe Staib Shanghai : “Ah-tendre” – novembre.
Galerie Wagner, Le Touquet – février.

2011 : Galerie Septentrion, Lille – décembre.

Sélection Expositions collectives :

2017 : Château Estaimbourg, Belgique, « Face à Face » – mars.

2013 : Palais Farnese, Rome, journée de la femme – 8 mars.

2010 : B-Gallery, Rome : “Contaminazioni” Exposition de peintures et de photos avec Claude Mollard, avec le parrainage de l’Ambassade de France à Rome.

Salons :

Lille Art Up 2017
Shanghai Art Fair 2012, 2013,2014
Art Taipei, Taiwan, 2016, Art Pusan, Corée, 2016

Publications :

Livres d’artiste :
« Hémon » Pierre Fournier, gravures Valérie Honnart, Editions la Feuille de thé.
« Blanc comme… », « Noir comme… », Gravures et textes Valérie Honnart.
«Les dernières paroles d’Eurydice», Dessins et texte Valérie Honnart.

Catalogues :
« Imaginer Sisyphe Heureux », texte Dongqiang, Shanghai 2013.
« Contaminations » avec Claude Mollard 2010.
«L’être fragmenté, l’être fragment : thé», texte Claude Mollard, Paris – 2008.