CITOYENS D’EUROPE… ET DE FRANCE


l’Union européenne est au carrefour de son histoire

Après des semaines de contestation sociale dans notre pays, secoué tous les samedis par la violence et des attaques symboliques de nos institutions républicaines, le sujet européen s’impose enfin dans le paysage politique.

En publiant une tribune dans l’ensemble des Etats Membres, le Président Macron a choisi la voie combinée de l’ambition européenne et de l’écoute pragmatique des aspirations des citoyens.

Une tribune ancrée dans une pensée européenne très construite

Les trois axes européens retenus – que sont la défense de notre liberté, la protection de notre continent et le réveil de l’esprit de progrès – constituent la déclinaison européenne des priorités de la campagne présidentielle : « libérer-protéger-unir ». Ils sont le fruit d’une longue maturation, aisément traçable.

Ils trouvent leur source dans le discours de septembre 2017 prononcé à la Pnyx au cours duquel Emmanuel Macron met le poids de la légitimité de la Grèce antique, berceau de la démocratie, dans la balance européenne. Ils s’ancrent également dans le discours de la Sorbonne prônant une refondation européenne s’appuyant sur une Europe souveraine, unie et démocratique : la nécessité d’une souveraineté européenne à construire y était déjà exprimée. Ils s’enracinent encore en avril 2018 dans une allocution devant le Parlement européen dessinant le plan de relance européen : la sécurité intérieure et extérieure, la défense, le climat, la transition énergétique, la santé, l’alimentation et la taxation des géants du numérique y étaient notamment présentés comme axes de développement de cette souveraineté européenne. Ils sont enfin évoqués lors de la remise du Prix Charlemagne, en mai 2018, au travers d’une Europe qui se devait d’être forte, de ne pas subir ni être faible.

Une tribune à l’adresse des citoyens d’Europe…

Sur la forme, cette tribune s’adresse à tous les citoyens européens, y compris ceux en partance. Il est audacieux et pragmatique d’évoquer, à quelques jours du Brexit, les associations potentielles à venir ou à explorer avec le Royaume-Uni.

Sur le fond, le caractère transeuropéen inédit de cette expression publique, traduite dans chacune des langues des Etats membres, doit être analysé comme un acte politique : à défaut de listes électorales transnationales telles que le Président Macron les espéraient, celui-ci contourne l’obstacle et s’adresse directement à ceux qui sont au cœur des enjeux. Il acte ainsi que la poursuite du projet européen ne pourra se faire sans les citoyens d’Europe, quelles que soient les modalités opérationnelles ou de gouvernance retenues. Il enjambe les institutions européennes, perçues – parfois à tort, parfois à raison – comme lourdes, inefficaces, lointaines ou inadaptées aux réalités quotidiennes des Européens. Il effectue enfin un geste d’apaisement vers les dirigeants des pays en première ligne sur les questions migratoires qui ont exprimé vivement leur sentiment d’abandon par l’Union européenne et son absence de solidarité.

Une tribune à l’adresse des citoyens de France…

Mais l’ensemble de ces thèmes résonnent également vivement pour les citoyens de France. Si, sur la forme, la France n’apparaît littéralement qu’une fois, elle est pourtant omniprésente dans cette tribune.

Le Président prend acte des préoccupations des citoyens de France, qu’elles soient colorées en jaune ou non. Il assume son double attachement à l’économie de marché et « en même temps » à la justice sociale. Il affronte ainsi le discours populiste visant à rejeter tout en bloc le projet européen car l’Europe sociale serait encore à poursuivre, voire à construire.

Il entend également que la question migratoire est au cœur des préoccupations de nos concitoyens lorsqu’il évoque la protection de notre continent.

Il fait écho aux préoccupations nationales en évoquant la mise en place d’une Conférence pour l’Europe proposant des changements de cap politique, associant les corps intermédiaires, la société civile et des panels de citoyens. Cette proposition, qui est dans ligne des consultations citoyennes européennes, est à destination évidente des citoyens de France.

Allons à l’essentiel : l’Union européenne est au carrefour de son histoire. Pour réveiller notre Europe, construisons une Europe enfin audacieuse grâce à une Europe sécurisée, une Europe au service des Européens et une Europe qui fait rêver. Pour cela, une nouvelle gouvernance européenne devra être mise en place et le chemin d’une Europe plus harmonisée devra enfin être tracé.

Un chemin pour les Audacieux en terre européenne est possible.

Alexia GERMONT

Présidente-fondatrice du think tank France Audacieuse

et auteur de « Réveillons Notre Europe »

aux Editions Temporis, préfacé par François d’Aubert