On estime à 500 000 le nombre de femmes vivant dans l’UE ayant subi des mutilations génitales féminines (MGF)
Les députés appellent à une coopération intersectorielle pour lutter contre ces pratiques
Des actions préventives et des formations destinées aux acteurs concernés sont nécessaires
La Commission et les États membres doivent intensifier leurs efforts pour aider à éradiquer les mutilations génitales féminines, déclarent les députés dans une résolution adoptée mercredi.

Après un débat en plénière mardi (en pleine Journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines – MGF), les députés ont adopté mercredi une résolution appelant la Commission et les États membres à intégrer la prévention des MGF dans tous les secteurs (notamment la santé, le travail social, l’éducation, la justice…), à améliorer la coopération intersectorielle, à aider à construire des passerelles entre les associations qui travaillent sur le terrain et à garantir une action préventive d’ampleur dans les camps de réfugiés.

Les députés expriment également leur inquiétude relative au très faible nombre de cas traités dans les tribunaux, alors que le droit pénal protège les femmes des MGF dans tous les États membres. Des programmes de formation sont particulièrement nécessaires pour les professionnels en charge de la détection, des enquêtes et des poursuites liées aux MGF.

Enfin, les députés exhortent les États membres qui n’ont pas encore ratifié la Convention d’Istanbul sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes à le faire sans délai, afin que les engagements de l’UE soient conformes aux normes internationales promouvant une approche intégrée pour mettre un terme à la violence envers les femmes et aux MGF.

La résolution a été adoptée à main levée.

Citation

Vilija Blinkevičiūtė (S&D, LT), rapporteur, a déclaré: ‘‘La question des MGF a des répercussions mondiales et l’UE a un rôle important à jouer dans la lutte contre ces pratiques néfastes. Nous reconnaissons les avancées positives qui ont été faites jusqu’ici et nous saluons la société civile pour son travail constant, mais les efforts pourraient être mieux harmonisés. Il est également essentiel que cette question soit traitée par tous les secteurs – la santé, le travail social, l’asile, l’éducation (notamment l’éducation sexuelle), les autorités répressives, la protection de l’enfance ainsi que les médias et la communication – tant au niveau national qu’européen.’’

À savoir

Selon l’Organisation mondiale de la santé, au moins 200 millions de femmes et de jeunes filles dans le monde subissent actuellement les conséquences préjudiciables des MGF. Dans l’UE, on estime à 500 000 le nombre de femmes ayant subi des MGF, et à 180 000 le nombre de jeunes filles et de femmes qui risquent de subir de telles mutilations.

Les MGF recouvrent toutes les interventions incluant l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre lésion des organes génitaux féminins pratiquée pour des raisons non médicales. Elles sont reconnues au niveau international comme une violation des droits fondamentaux des femmes et des filles.

Les objectifs de développement durable de l’ONU appellent à l’éradication des MGF d’ici à 2030 (objectif 5 relatif à l’égalité des sexes).