Stéphanie Tesson, (fille du journaliste Philippe Tesson) metteur en scène et auteur, chef de troupe, pédagogue, comédienne poétique, a prouvé depuis plus de vingt ans qu’elle savait mener des projets, diriger des interprètes, inventer, innover.
 Son théâtre, petit par la taille, est coincé au fond d’une minuscule impasse, mais fort d’une longue histoire grâce à Renée Delmas et Etienne Biérry qui l’ont dirigé pendant 50 ans, accueillant tous les jeunes auteurs des années Saint-Germain des Près, de Ionesco à Marguerite Duras.
 Un théâtre qui a été racheté par  Philippe Tesson, fondateur du « Quotidien de Paris » il y a plus d’un an et qu’il codirige avec sa fille Stéphanie et Charlotte Rondelez (membre de la compagnie théâtrale « LesEclanches »).
 On connaît sa passion du théâtre pour lequel il fut critique, tenant des chroniques théâtrales pour le « Canard enchaîné » ou « Le Figaro » : « Nous avons des liens familiaux et amicaux, mais nous ne passons pas la nuit à parler théâtre », plaisante Tesson. « Notre charte c’est bonheur et plaisir, jouir du théâtre, choisir des pièces… on avait envie d’une maison à soi ».
Pour ce théâtre complètement rénové, une pièce emblématique de Molière est  à l’affiche cet automne : « Amphitryon » de Molière.
 
Car les projets foisonnent pour les deux petites salles de 130 et de 90 places, précédées d’un foyer chaleureux pour petits encas
 : le Bar de Poche
  « Du théâtre de texte et de jeunes compagnies, qui sont des pépinières de talents, des monologues, des spectacles musicaux, des pièces pour le jeune public comme La gloire de mon père ou les contes d’Ionesco » précise Stéphanie Tesson.  

Le nouveau Théâtre de Poche a été financé à hauteur de 350 000 euros conjointement par la Mairie de Paris et le Ministère de la Culture. Mais l’argent n’est pas tout, tient à préciser Tesson qui ne dévoilera pas le montant total du projet : « autant la Mairie de Paris nous a soutenus, autant du côté du ministère nous avons ressenti une absence totale d’intérêt pour ce type de projet ! ».
  
Depuis sa création au cœur de la Seconde Guerre, le Théâtre de Poche a vu se succéder entre ses murs des artistes aux talents multiples. Il a abrité la création de pièces phares du XX ème siècle, du Mal court d’Audiberti au Premier d’Israël Horovitz, en passant par l’Eté de Weingarten… Ecrin d’expériences théâtrales uniques, le Poche entend conserver son enseigne de « caverne des poètes » ouverte sur l’avenir…
Construit en 1942 par Marcel Oger pour y accueillir la jeunesse théâtrale de l’époque, le Théâtre de Poche, au cœur du bouillonnant quartier de Montparnasse, voit se succéder dès sa naissance, les plus grands noms sur sa minuscule scène : Marcel Cuvelier, Pierre Valde, Jean Vilar, qui y signe sa première mise en scène avec Orage de Strindberg… Marcel Marceau, qui y donne sa pantomime de Bip en 1947 et Georges Vitaly, qui y crée Le Mal court d’Audiberti, où la fraîche Suzanne Flon fait ses débuts remarqués. Antoine Vitez, Silvia Monfort, Jean Vauthier et bien d’autres illustres « faiseurs de théâtre », laissent leurs traces dans cet écrin qui devient vite un emblème de la créativité artistique de l’après-guerre.
En 1956, Renée Delmas, alors jeune comédienne, prend la direction du théâtre acheté par son père. Ayant repéré Etienne Bierry qui déploie ses talents à la radio, elle lui propose une association artistique, qui ne laisse pas leurs cœurs en reste : les voilà bientôt alliés à la ville comme à la scène. Leur première entreprise consiste à agrandir la salle, plateau et sièges, puis les voilà partis 
Fortes de leurs expériences de directrices de compagnies (respectivement Phénomène et Cie et La Cie des Eclanches) et de metteurs en scène, Stéphanie Tesson et Charlotte Rondelez souhaitent faire vivre ce lieu historique au rythme de la création de textes du répertoire et contemporains, dans un esprit de sincérité, d’exigence et d’éclectisme.
Sans rompre avec la tradition du Théâtre de Poche , la programmation est ambitieuse : Comédies ou tragédies, textes écrits pour la scène ou adaptations théâtrales d’œuvres littéraires, toutes écritures confondues, pourvu que ces textes soient porteurs d’une vision du monde, et d’un style particulier. Des choix qui obéissent en même temps à un impératif ludique en accordant une place privilégiée à toutes les formes de jeu qu’offre le théâtre, au-delà de ses limites conventionnelles, en y associant la musique, le chant, la poésie, le cabaret etc…