Dans sa constante aspiration à une vie meilleure qui ne lui assure pas seulement de survivre mais le conduise à un art de vivre, l’homme et sous toutes les latitudes, a voulu masquer la part d’animalité qui fait reproduire au vivant et invariablement les mêmes comportements primaires.
Il en va de l’habitat comme de la sexualité, de l’alimentation ou de l’habillement, domaines où les sociétés humaines ont pu révéler une expérience esthétique propre et une forme d’identification souvent forte.
Aussi la culture s’est-elle inscrite dans la protection contre la maladie par des rites qui sont autant de règles hygiénistes : en Chine où l’eau pouvait provoquer des troubles digestifs, le thé a été déclaré boisson royale voilà plus de 2 000 ans et considéré comme source de l’énergie nécessaire à la méditation.
À tel point que sa préparation et sa dégustation y sont codifiées à l’extrême avec le souci d’obtenir le thé le meilleur. Au Japon, dans le respect d’un protocole savant, « la cérémonie du thé » a pour vocation de faire accéder à la paix intérieure, le « zen ».
Ainsi, devançant de trois fois la consommation du café, la boisson devenue la plus populaire au monde, c’est aujourd’hui le thé et cela depuis que les Anglais qui en avaient fait leur boisson nationale en ont étendu la consommation à tout le Commonwealth.
Les puristes savent que l’arôme du thé est défini par le soleil, la pluie, le brouillard, la nature du sol, le moment de la récolte et le degré de fermentation. Dans l’Empire du Milieu, on produit et on boit essentiellement du thé vert (Lucha) et à moitié fermenté (Oolong). Le thé noir (Hongcha) au taux de théine élevé, est en grande partie exporté, soit 1 100 000 t, 20 % des exportations mondiales.
Lors d’une dégustation de thé, on commence généralement par le plus raffiné des thés : le thé blanc (Da Bai Hao) qui porte son nom en raison du duvet argenté, doux comme de la soie, qui entoure les bourgeons. Les thés haut de gamme comme le thé « Aiguilles d’Argent » (Bai Hao Yin Zhen) ne sont composés que de bourgeons encore fermés.
D. FALIÈRE