L’utilisation présumée d’armes chimiques par le régime syrien à l’encontre de sa propre population, en violation flagrante de toutes les règles de droit international, revoit aux pires atrocités de l’histoire. « De tels actes, s’ils sont confirmés, ne peuvent rester impunis et une réaction ferme de la Communauté internationale est attendue. »

Mais pour Jean-Marie Bockel, le déclenchement d’une intervention militaire à l’encontre du régime de Bachar al-Assad ne peut se faire dans la précipitation, sans prendre en compte ses multiples implications géopolitiques et la complexité de la situation.

Aussi, le Sénateur insiste sur la nécessité de poursuivre jusqu’au bout le dialogue avec l’ensemble des interlocuteurs : « Ne fermons pas la porte aux tractations diplomatiques au sein des instances des Nations-Unies, y compris avec la Russie, afin de maintenir une démarche inclusive et obtenir un soutien le plus large possible. Le travail des experts de l’Onu, qui achèvent actuellement leur mission en Syrie, doit également être considéré. »

De même, avant d’envisager toute réponse militaire, les bonnes questions doivent être posées : « Un telle opération permettrait-elle de marquer réellement un coup d’arrêt à l’escalade de la violence en Syrie ? Contribuerait-elle efficacement à la protection de la population civile, alors qu’un exode massif s’amplifie ? N’y a-t-il pas un risque d’exacerbation du conflit et de fragilisation de la région toute entière, d’autant que le conflit syrien s’est déjà propagé à certain pays voisins, comme le Liban ?

Jean-Marie Bockel appelle donc à la plus grande prudence : « Mettre le doigt dans l’engrenage d’une intervention armée en Syrie pourrait très bien s’avérer préjudiciable, aussi bien pour la résolution du conflit syrien lui-même que pour l’équilibre de la région. Car nul doute que l’ensemble du pourtour méditerranéen, dont la France, est directement concerné par les répercussions de ce conflit. »

L’ancien ministre, qui était dans les camps de réfugiés au Liban et en Turquie à la frontière syrienne la semaine dernière, interpelle également sur la crise humanitaire qui sévit dans les pays voisins, où près de deux millions de syriens, dont un million d’enfants, ont déjà trouvé refuge. Au Liban, les réfugiés syriens enregistrés par le Haut-Commissariat aux Réfugiés, dont le Sénateur salue l’engagement et l’efficacité, étaient 680.000 mi-août – alors qu’ils étaient 26.000 fin mai 2012 – et on en dénombre plus de 430.000 sur le territoire turc.

« Alors que l’amplification du conflit va inéluctablement entrainer un afflux supplémentaire de réfugiés, une plus grande solidarité de la Communauté internationale et de l’Europe à l’égard des pays qui accueillent ces populations désœuvrées est indispensable. », souligne le Sénateur.