Janet Yellen ne pense pas vivre une autre crise. C’est une phrase suicidaire… pour sa crédibilité. L’obscure langue de bois de Draghi est plus adaptée.

Le FMI abaisse ses prévisions de croissance pour les Etats-Unis mais la Fed poursuit son cycle de resserrement monétaire.

Janet Yellen :

« Je ne crois pas que nous verrons une autre crise de notre vivant ».

Le dollar baisse. Il ne semble pas vraiment croire cette brave Janet qui n’a que 70 ans.

Mario Draghi de son côté a indiqué que lors de la dernière réunion de comité de la BCE, le retrait des mesures exceptionnelles n’avait même pas été discuté. Tout changement serait très graduel « pour s’assurer que notre stimulus accompagne la reprise malgré les doutes qui subsistent ».

La phrase vous paraît absconse, cher lecteur ? La voici en anglais pour les sceptiques: « ensure that our stimulus accompanies the recovery amid the lingering uncertainities ». Ce n’est pas plus limpide, n’est-ce pas ?

Rassurez-vous, c’est normal et volontaire. Les faux-monnayeurs officiels évitent de parler clairement.

Selon The Wall Street Journal, les émissions de fausse monnaie en Zone euro – qui s’élèvent actuellement à 60 Mds€ par mois – pourraient être ramenées à 40 Mds€ par mois dans le premier semestre 2018 et 20 Mds€ par mois au second semestre.

Cela va faire beaucoup moins d’argent pour racheter les dettes des amis en faillite (on pense aux banques vénitiennes) !

Dans ces conditions, la bulle des marchés obligataires pourrait-elle enfin craquer ?

Quand on parle de bulle, un bon petit graphique est toujours utile. En voici un concocté par Thomson Financials qui compare les ratios cours sur bénéfice des actions et des obligations. Dans le cas des obligations, il s’agit bien sûr des rendements. Dit autrement : combien d’années de détention vous faut-il pour amortir votre achat dans les deux cas, actions et obligations.

Les prix des obligations sont gonflés de façon significative si on se fie aux ratios cours sur bénéfice

Nul besoin de doctorat d’économie pour savoir reconnaître la courbe d’une bulle.

La courbe orange clair des obligations vous hurle « méga-bulle à l’horizon, sortez les canots de sauvetage, enfilez vos gilets »…

D’autant plus que hausse des taux sur fonds de ralentissement économique aux Etats-Unis et resserrement monétaire sur fonds de crise bancaire en Europe représentent deux gigantesques épingles menaçant ces deux bulles.

Je souhaite une longue vie sereine et paisible à Janet Yellen.

Mais lorsque la bulle explosera, d’un côté ou de l’autre de l’Atlantique, il est probable que cette malheureuse phrase : « pas d’autre crise de notre vivant » assombrisse sa retraite.

Heureusement, le ridicule ne tue pas… Les banquiers centraux n’y survivraient pas.

Pour plus d’informations et de conseils de ce genre, c’est ici et c’est gratuit