Syrian girl stand outside of the women’s clinic, in the Zaatari refugee camp for syrian in Mafraq, Jordan

Les députés exhortent les dirigeants européens à trouver une solution au problème migratoire et soulignent qu’ils sont prêts à débuter les négociations sur la réforme des règles existantes.

En amont de ce sommet européen crucial, au cours duquel les dirigeants européens débattront de la meilleure façon de traiter l’afflux de migrants et de demandeurs d’asile, les députés soulignent que l’Europe a besoin d’un régime d’asile européen commun qui respecte les droits fondamentaux, couplé à de meilleurs contrôles aux frontières et à une sécurité renforcée.

Le Parlement a déjà adopté sa position sur tous les dossiers législatifs liés à la réforme de la politique d’asile de l’UE et est prêt à débuter les négociations avec les ministres de l’UE.

Claude Moraes (S&D, UK), président de la commission des libertés civiles, a déclaré: ‘‘Il est crucial que le Conseil propose des solutions globales, humanitaires et efficaces au problème de la migration lors de ce sommet. Le Parlement européen a fait son travail de co-législateur en présentant sa position sur Dublin. Avec la réforme du régime d’asile européen commun, la solution pour une approche de l’UE fondée sur la solidarité et le partage des responsabilités est sur la table, et le Conseil doit maintenant agir. Et s’il n’est pas possible de prendre une décision à l’unanimité, il est temps de décider à la majorité.’’

‘‘Le cas de l’Aquarius et du Lifeline ont démontré une fois de plus l’importance d’une approche décente et humaine de l’UE, et le Conseil ne peut plus se permettre de bloquer le dossier de Dublin, qui est essentiel pour avancer sur ce sujet’’, a insisté M. Moraes.

Enfin, il a précisé que ‘‘nous ne soutiendrons pas les solutions politiques non viables, comme les centres de traitement délocalisés qui mettent des vies humaines en péril. Il s’agit d’une ligne rouge pour le Parlement.’’

Cecilia Wikström (ADLE, SE), rapporteure du PE sur la réforme du règlement de Dublin, a ajouté: ‘‘Il est temps pour le Conseil d’agir et de s’unir. Le Parlement européen est depuis novembre dernier prêt à débuter les négociations sur le règlement de Dublin. J’espère que les gouvernements de l’UE, durant ce sommet, trouveront la volonté de mettre une partie de leurs différends de côté afin de permettre aux négociations entre le Parlement et le Conseil de débuter.’’

‘‘Nous devons trouver des moyens d’avancer, afin de permettre la création d’un régime d’asile qui fonctionne, avec le soutien adéquat des États situés en première ligne, des responsabilités partagées et une gestion appropriée de nos frontières extérieures. Sans de telles négociations, nous nous retrouvons impuissants avec le régime d’asile actuel défaillant et nous ne pouvons apporter aucune réponse aux citoyens’’, a-t-elle conclu.

Contexte

Le Parlement a adopté en novembre 2017 son mandat sur la réforme du règlement de Dublin, qui détermine quel État membre est responsable du traitement d’une demande d’asile et qui est au cœur de la réforme globale de la politique d’asile de l’UE, mais les négociations sur le texte final ne débuteront qu’une fois que les États membres auront arrêté leur position.

Les députés ont à de nombreuses reprises appelé le Conseil à faire montre d’une réelle volonté politique pour faire avancer les réformes et pour mettre fin à l’hécatombe en Méditerranée.

Le Parlement et les États membres sont parvenus à des accords préliminaires sur plusieurs autres dossiers du paquet ‘‘asile’’, tels que la refonte de la directive relative aux conditions d’accueil et le nouveau règlement relatif aux conditions que doivent remplir les demandeurs d’asile, ou encore la nouvelle agence européenne pour l’asile, mais ils ne pourront être confirmés que si un accord sur le règlement de Dublin est trouvé. Des progrès significatifs ont été réalisés durant les négociations sur le système EURODAC renforcé et le nouveau cadre de l’Union pour la réinstallation.

La mise à jour du règlement sur les procédures et de la carte bleue de l’UE pour les travailleurs hautement qualifiés sont deux autres propositions sur lesquelles les co-législateurs souhaitent parvenir à un accord avant la fin de la législature.