Double motion de censure pour rien, fin de l’épisode avant les congés ? Emmanuel Macron nous prépare une reprise en main sans précédent…

Il y a de gros dégâts sur le palais du pouvoir, mais il est moins dévasté qu’on aurait pu le croire. Il est vrai qu’il est protégé par un efficace paratonnerre — nos institutions. François Hollande n’est pas tombé, et pour bien pire. Cela dit, l’ouragan médiatique et politique qui est passé sur l’Élysée laissera des traces. Le crédit du président de la République dans l’opinion est touché, la confiance dans sa conduite du pouvoir est atteinte, moins par les faits que par le soupçon. Le voici fragilisé.

Il parle de « dysfonctionnements » au sommet de l’État, mais puisqu’il dit, le 24 juillet, à ses élus : « S’ils veulent un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher », il ne peut donc s’en prendre qu’à lui-même. Quant à cette affaire Benalla, il s’agit bien d’un règlement de comptes (entre fonctionnaires de police de tous niveaux) qui a dégénéré .

Blessé par la dimension brutale prise par l’affaire, Emmanuel Macron n’en garde pas moins l’initiative. L’opposition parlementaire à l’Assemblée lui a rendu les armes ; l’explosion en vol de la commission d’enquête a révélé les limites d’un exercice qui ne pouvait pas échapper au pouvoir ; et la double pantalonnade des motions de censure de ce 31 juillet n’aura servi qu’à clore l’épisode.

L’impuissance des oppositions, gauche et droite confondues, va finalement laisser Emmanuel Macron agir librement dans deux des domaines les plus sensibles : le fonctionnement des institutions et celui de l’appareil d’État.

En revanche, il imposera, avec sa majorité, le changement du mode de scrutin aux législatives (majoritaire corrigé par la proportionnelle), qui relève d’une loi simple, et la réduction du nombre des députés et sénateurs, qui nécessite une loi organique.
GEGE