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Les personnes atteintes du syndrome de Kleine-Levin (une maladie d’origine génétique caractérisée par la survenue durant quelques jours, de crises d’hypersomnie, accompagnées de perturbations de l’humeur et du comportement à connotation sexuelle) n’ont pas de vraies sexsomnies puisqu’elles sont éveillées.

La prise d’alcool ainsi que de certaines drogues et de médicaments peut favoriser l’apparition d’épisodes de sexsomnies.

Il faut en rapprocher certains troubles du comportement de type compulsif (jeux d’argent, hypersexualité) en rapport avec une intolérance aux médicaments dopaminergiques (souvent utilisés dans le traitement du syndrome des jambes sans repos ou de la maladie de Parkinson). Certains somnifères dits « de nouvelle génération » ont été rendus également responsables d’épisodes dits « de somnambulisme complexe » avec possibilité d’agression à caractère sexuel, suivis d’une amnésie totale des faits.

Dans la sexsomnie, qui est une parasomnie actuellement non reconnue par la CITS-2, on retrouve un état confusionnel associé à des comportements sexuels parfois violents (masturbation, vocalisations sexuelles, agression du partenaire…).

La sexsomnie est une parasomnie (c’est-à-dire un trouble du sommeil) qui se caractérise par des comportements sexuels involontaires survenant pendant le sommeil et dont le sexsomniaque n’a pas de souvenirs à son réveil.

Quelques chiffres
Si l’on ne connaît pas la proportion de personnes sexsomniaques dans la population générale, il a été établi que parmi les personnes venant consulter en clinique du sommeil, environ 8 % présentent une sexsomnie.
Bon à savoir : 2 % des adultes sont somnambules.
Quelques caractéristiques
Si l’on ne connaît pas encore bien ce trouble, il se dégage néanmoins quelques points :
La sexsomnie touche plus les hommes que les femmes (3 hommes pour une femme).
La personne sexsomniaque peut avoir des comportements sexuels très variés : masturbation, pénétration, gémissements, mouvements du bassin, pratiques orales…
On note souvent un langage plus cru et une violence dans les rapports mais le point le plus caractéristique est un comportement sexuel différent au comportement sexuel habituel.
Il existe certains facteurs pouvant favoriser les épisodes de sexsomnie : alcool, drogue, médicaments, stress, apnée du sommeil.
Les sexsomniaques ont souvent des antécédents personnels ou familiaux de somnambulisme ou de terreurs nocturnes.
Le sexsomniaque ne garde pas de souvenirs à son réveil.
Certaines zones du cerveau sont endormies (régions frontales notamment) et d’autres non.
Il survient le plus souvent pendant le sommeil lent mais peut également survenir pendant le sommeil paradoxal ou être lié à un problème épileptique.
Ne pas confondre avec…
Les comportements sexuels anormaux liés à une pathologie du sommeil se retrouvent lors de parasomnies sexuelles, mais aussi lors :
d’épilepsies nocturnes ;
du syndrome des jambes sans repos ;
de narcolepsie ;
du syndrome de Kleine-Levin.
Reconnaissance de la pathologie

La sexsomnie est reconnue officiellement depuis mai 2014, date à laquelle elle a intégré l’International Classification of Sleep Disorders. Cette forme de somnambulisme avait déjà été introduite dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders en 2005 mais sous des classes particulières du somnambulisme c’est-à-dire sans être réellement reconnue en tant que pathologie.
Pour autant, les premières études sur le sujet ont été réalisées en 1996 par le Dr Shapiro et l’on trouve la trace du premier cas dans une étude de 1986 à Singapour.
Sexsomnie : aspect juridique

L’intégration de la sexsomnie dans la classification des désordres du sommeil a permis une certaine reconnaissance juridique.
Malheureusement, si cette parasomnie peut prêter à sourire de prime abord, elle peut déboucher sur de vrais drames si elle n’est pas connue et dans une certaine mesure « contrôlée » par la personne touchée. En effet, les sexsomniaques peuvent :
se blesser ;
blesser autrui ;
avoir un comportement inapproprié avec les personnes présentes à leur domicile.
D’où la nécessité de repérer et traiter ce trouble au moindre doute. Il faut rappeler que 35 % des sexsomiaques ont été confrontés à des conséquences judiciaires de leur comportement et que dire des potentielles conséquences physiologiques ou psychologiques.

Traitement de la sexsomnie

Diagnostiquer ce trouble passe par une visite en centre de sommeil où l’on réalisera une vidéo-polysomnographie pour enregistrer différents paramètres du sommeil (rythme cardiaque, activité des muscles et du cerveau…) et répondre à différents questionnaires.
Ces questionnaires permettent de détecter les faux sexsomniaques, auteurs de réelles agressions.
Une fois la sexsomnie établie, des traitements médicamenteux existent : paroxétine, clonazépam. On peut les prendre à vie, en continu ou ponctuellement.
Malheureusement, il n’y a pas de thérapie cognitive ou de psychothérapie qui puisse atteindre ces comportements amnésiques.
La sexsomnie est un trouble du comportement sexuel lié à une pathologie du sommeil s’apparentant au somnambulisme. Ce trouble est rare et peut éventuellement prêter à sourire mais il peut également avoir des conséquences médico-légales ou familiales graves. D’où la nécessité de le repérer et de le traiter.