Un musulman de modeste origine pakistanaise à la tête de la plus grande ville occidentale (Londres a récemment dépassé New York en termes du nombre d’habitants), une ville – monde, fenêtre ouverte sur le XXI siècle… comparée avec une Paris, majestueusement figée dans l’histoire.

Faut – il y voir le début d’une « soumission » de l’Occident à l’islam agressif, avec son prétendu « agenda cachée » de conquête mondiale, dans l’esprit de Michel Houellebecq ? Ou une belle illustration de la race to the top, rendant aujourd’hui possible ce qui était inimaginable hier, dans l’inspiration de Ratatouille, un rat qui devient, grâce à ses propres qualités, un chef cuisinier d’un grand restaurant parisien ?

Un nouveau spasme d’une crispation identitaire ou l’ode à un melting – pot bouillonnant et créatif ?

Peur ou espoir ?

Passé ou avenir ?

En formulant, à travers ces dichotomies, l’amplitude des interprétations possibles,  je ne fais que bâtir un socle sur lequel chacun pourra forger son opinion autonome, en espérant que la mienne est clairement exprimée.

Entendons – nous bien sur l’essentiel : qu’on le veuille ou non,  la globalisation – « nexus of peuple, places and ideas » (rien à voir avec le bâtard sémantique de sa malheureuse traduction en français « mondialisation » !)  – est la quintessence de notre époque. L’air que nous respirons tous, partout, à tout instant, en ce début de nouveau millénaire.

La globalisation, perçue ainsi, à savoir – comme « mot de passe » dans « le logiciel » du XXI siècle, n’altère en rien l’identité culturelle : elle la réinitialise, en reliant en permanence, via un clic, un producteur de camembert dans l’Orne à un fabricant de smartphone à Baotou en Chine. Ce qui ne veut absolument pas dire que le premier devient, du point de vue identitaire, moins français, et le second – moins chinois. La globalisation, c’est l’apothéose d’une diversité que l’Humanité n’avait jamais auparavant connue !

Bref, contrairement à la doxa dominante qui étouffe la France, la globalisation et l’identité, loin d’être antinomiques, sont deux notions complémentaires, voire inséparables, qui avancent, dans notre monde, ensemble main dans la main, comme le yin et le yang, dans la philosophie chinoise.

Voilà la principale leçon que je tire de l’élection de Sadiq Khan.