Les salariés d’EDF/GDF bénéficient de retraites en moyenne beaucoup plus élevées et plus longues (+7 ans) que celles des autres Français. Mais pour faire face au déficit de leur régime, la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA), taxe payée par les consommateurs de gaz et d’électricité, va augmenter. Où et quand cela va-t-il s’arrêter ?
Trois mille euros (3.000 €) par mois, c’est le montant moyen de la pension [1] que perçoivent les salariés d’EDF qui partent en retraite en 2013. Avec en plus 150 euros par mois d’électricité et de gaz quasi gratuits et l’accès aux facilités du riche Comité d’Entreprise d’EDF/GDF, c’est un montant confortable. Les salariés d’EDF/GDF déjà en retraite reçoivent eux en moyenne 2.600 euros par mois [2], soit plus du double du montant des retraites des autres Français – et cela sans compter les avantages cités ci-dessus.
Augmentation de la taxe et des prix
Quand elle a été créée en 2004, la Contribution Tarifaire d’Acheminement (CTA) a été déclarée comme neutre sur le prix global acquitté par le client final ainsi que pour le contribuable. On voit que ce n’est pas exact puisqu’elle vient d’augmenter. Même si cette taxe ne finance que les avantages acquis avant 2004, la réforme était positive : elle mettait en évidence des prélèvements jusque là dissimulés dans le prix de ces énergies. Mais pour les avantages acquis après 2004, ils sont à nouveau enfouis dans le prix des énergies facturées au consommateur, et augmentent régulièrement en toute opacité.
Monopole + monopole = clients perdants
Les avantages dont bénéficient les salariés d’EDF/GDF seraient acceptables s’ils étaient le résultat d’une performance exceptionnelle et mesurable. Par exemple, certaines brillantes entreprises du monde Internet offrent à leurs salariés des conditions de travail très attractives. Il est juste que les salariés profitent des succès de l’entreprise au même titre que les actionnaires. Mais ce n’est pas le cas d’EDF/GDF dont le chiffre d’affaires stagne en France et dont la capitalisation (EDF) a baissé de moitié depuis son introduction en bourse en 2005. Le quasi monopole dont disposent ces deux entreprises empêche de connaître la véritable performance et de savoir si d’autres ne pourraient pas faire beaucoup mieux. Pour verrouiller plus complètement la situation et brider la concurrence, le système de retraite d’EDF/GDF a aussi été élevé au niveau de monopole pour toutes les entreprises du secteur, y compris les nouveaux entrants.

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