Le brillant résultat des élections régionales passées, pourtant parfaitement prévisible à la lumière des diverses consultations précédentes, ne peut que remettre au goût du jour cette formule de Bossuet…

« Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences, alors qu’ils en chérissent les causes ».

Il aura donc fallu plus de trente ans, trente trois ans pour être précis, pour que le piège « Front National » cesse de fonctionner contre la droite, et commence à se refermer sur les héritiers spirituels de son instigateur.

Il faut garder en tête, et même si cette vérité déplait souverainement aux socialistes pur jus, que l’alliance objective, et de circonstance, entre François Mitterrand et Jean Marie Le Pen, est historiquement connue et officielle.

Le premier avait compris, dès les années 1982/1983, qu’en faisant tout, absolument tout, depuis la cape rouge du droit de vote des immigrés jusqu’à l’instauration judicieuse de la proportionnelle, pour faire remonter les scores d’un Front National alors en pleine décrépitude, il allait diviser la droite pour longtemps avec les résultats électoraux que l’on devine.

L’autre, tout heureux de bénéficier d’un surcroit de représentativité servi sur un plateau qui lui offrait le retour sous les feux de la rampe dont il rêvait, ne fut pas en reste pour se rendre infréquentable et quelques saillies célèbres lui permirent d’endosser gaillardement le rôle du « Croquemitaine ».

Un  Croquemitaine effrayant, tout aussi utile à stigmatiser la droite au moindre frémissement de la plus infime tentation de rapprochement Frontiste qu’à culpabiliser, par avance, un électorat un peu trop sensible au chant d’une sirène pourtant créée, de toutes pièces, pour cela.

Et, pendant trente ans, tout ceci a magnifiquement fonctionné, d’une manière parfaitement huilée, et l’électorat, tous bords confondus, s’est cru maître de son vote alors que tout était fait, par intellectuels, bien-penseurs et médias interposés, pour lui tenir la main dans le seul but de le voir glisser le « bon » bulletin dans l’urne et surtout pas « l’Autre ».

Combien d’élections la droite républicaine, cette célèbre droite « la plus bête du monde », a préféré perdre plutôt que de « perdre son âme », une âme à laquelle, d’ailleurs, elle avait dans le même temps renoncée alors que, si elle avait su être elle-même et tenir son rôle, le Front National n’aurait jamais, absolument jamais, atteint le statut enviable de [quasi] premier Parti de France.

Après les conséquences, analysons un peu les « causes »…

Le pot aux « roses ».

Nous n’en sommes pas arrivés à cette situation par hasard, bien au contraire. Le Parti Socialiste Français, parfaitement conscient qu’il perdait progressivement son électorat populaire traditionnel, au profit du Front National d’ailleurs, devait impérativement s’en trouver un autre, ne serait-ce que pour survivre politiquement et financièrement.

Et, à la façon d’un célèbre « Bon Dieu, mais c’est bien sûr« , le think-tank socialiste « Terra Nova » va trouver la solution et désigner un électorat de remplacement dans sa « Contribution N° 1 » au projet 2012 du PS sous le titre « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?« .

Avec un certain cynisme, celui-ci va même y détailler la stratégie à adopter par la gauche pour capter l’électorat immigré, et le raisonnement est imparable, qu’on en juge.

A suivre

M.Berr