À l’heure où tous les pays occidentaux sont contraints de mettre en place des plans de rigueur sans précédent pour redresser les comptes publics minés par la crise économique de 2008, l’annonce des mesures chocs du plan Cameron en Grande-Bretagne, fin octobre 2010, remet au cœur des débats sur la maîtrise des dépenses publiques la question des privatisations. Avec un objectif de réduction de dépenses de 81 milliards de livres (en livres constantes) d’ici à 2014, on mesure les coupes que le tout jeune gouvernement va devoir mener. Comment va-t-il s’y prendre ? En relançant les privatisations et en réduisant le périmètre de l’Etat.

Les privatisations étaient déjà un mouvement de fond dans les années 1980-1990 et ont touché de nombreux pays qui ont diminué la part des prélèvements publics en réduisant le poids des entreprises publiques grâce à la libéralisation des activités économiques et financières et l’ouverture du capital des opérateurs publics. Mais trente ans plus tard, ce mouvement ne suffit plus pour faire baisser durablement l’emprise des dépenses et des prélèvements publics. C’est le chantier des « privatisations fortes » qu’il faut désormais ouvrir, c’est-à-dire des privatisations qui transfèrent au secteur privé non seulement la gestion d’une activité publique, mais tout ou partie de l’activité elle-même, qui n’est plus décidée par des choix politiques. En remettant en cause le principe même d’interventions publiques, comme en plafonnant par exemple le montant des allocations que peut percevoir un citoyen britannique, le gouvernement de David Cameron nous montre la voie d’un débat que notre pays ne pourra plus éviter avec 56 % de dépenses publiques rapportées au PIB.