Zbigniew Brzeziński, dont le père était diplomate de la République de Pologne, a fait ses études à Montréal puis à Boston. Le père de Zbigniew était en poste diplomatique au Canada en 1939 au moment du Pacte germano-soviétique, empêchant ainsi la famille de rentrer en Pologne. Sa femme, Emilie-Anne Beneš (en), est la nièce de l’ancien président tchécoslovaque Edvard Beneš, ce qui accroîtra la suspicion soviétique à son égard, notamment lors de l’élection du pape Jean-Paul II et de la crise polonaise de l’été 1980 qui verra la naissance du syndicat Solidarité. Il a trois enfants, dont l’un, Mark (en), est avocat et a travaillé de 1999 à 2001 en tant que conseiller pour l’Europe de l’Est et la Russie au conseil de sécurité nationale, tandis que sa fille Mika est journaliste à MSNBC.

Zbigniew Brzeziński soutient sa thèse de doctorat en 1953 sur la question du « totalitarisme soviétique ». Professeur à Harvard de 1953 à 1960, il devint expert au Center for strategic and international studies de Washington, professeur à l’université Johns-Hopkins de Baltimore ainsi qu’à Columbia (de 1960 à 1989). Il est professeur à la Paul H. Nitze School of Advanced International Studies de l’université Johns-Hopkins.

À partir de la fin 1976, il devient le principal conseiller aux affaires étrangères de Jimmy Carter, critiquant la politique de détente suivie par Nixon, Gerald Ford et l’URSS, en préférant mettre l’accent sur le processus engagé par les accords d’Helsinki. Il est nommé conseiller à la sécurité nationale de Carter après son élection en 1976. Il participe alors à l’écriture du discours inaugural de Carter, qui envoie un fort signal aux dissidents soviétiques, en rupture avec la politique de détente, ce qui lui vaut des critiques à la fois de Moscou et des États d’Europe de l’Ouest. À l’encontre de la perspective adoptée par le secrétaire d’État Cyrus Vance, qui préfère avancer sur le dossier unique du désarmement (SALT), Brzeziński souhaite lier ce dossier à celui des droits de l’homme. Il fait notamment augmenter la puissance des transmetteurs de Radio Free Europe, ce qui contredit de façon provocante les politiques Nixon-Ford-Kissinger .

Son premier voyage en tant que conseiller de Carter fut, contre les souhaits du Département d’État, à destination de la Pologne, où il rencontra en 1977 l’archevêque Stefan Wyszyński, faisant de l’Église catholique polonaise l’interlocuteur légitime du pouvoir. Brzeziński pense alors que les Soviétiques profitent de la détente pour progresser en Angola et au Moyen-Orient, et, contre le secrétaire d’Etat Cyrus Vance, prône alors à la fois le réarmement des États-Unis et le soutien à la cause des droits de l’Homme utilisée contre l’URSS. Il fut ainsi l’un des instigateurs de l’United States Rapid Deployment Forces (en), dont la création fut publiquement annoncée par Carter en octobre 1979, et qui visait à permettre une intervention immédiate n’importe où dans le monde de l’armée américaine (on crédite souvent Reagan de la mise en place de cette force).

Brzeziński devient un critique important de la « guerre contre la terreur » menée par l’administration Bush, affirmant entre autres (en 1998) qu’« il n’y a pas d’islamisme global » en mettant l’accent sur la diversité du monde musulman. Comme l’a expliqué le journal Ynet , il a soutenu John Mearsheimer et Stephen Walt lors de la polémique à propos de leur livre Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine, qui dénonçait notamment l’influence importante de l’AIPAC à Washington. Nommé conseiller aux affaires étrangères par Barack Obama lors de sa campagne présidentielle et renouant ainsi avec les démocrates, il fut ainsi immédiatement attaqué, pour cette raison, par le conservateur Alan Dershowitz.

Dans un entretien à The Daily Beast de septembre 2009, il déclarait que les États-Unis ne devraient pas rester là à rien faire si l’aviation israélienne décide de survoler l’espace irakien afin de toucher des cibles iraniennes