Le cardinal Robert Sarah est un original. Au sein de la curie romaine, ce prélat guinéen ne cesse d’étonner par sa manière bien à lui de mettre toujours Dieu au centre. « Dieu ou rien », selon sa belle formule. C’est un cardinal excentrique, car théocentrique. Et pourtant il sait parler au plus grand nombre. Son dernier essai intitulé La Force du silence ne décevra pas

 

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Robert Sarah naît et grandit au sein d’un petite ethnie de cultivateurs et d’éleveurs, les Coniaguis.Dès l’âge de 12 ans, il fréquente régulièrement une mission de Pères spiritains, qui, par leur vie de prière, le marquent et lui font réaliser la présence de Dieu dans l’église de la mission. La décision d’entrer au séminaire se fait après qu’on le lui a proposé, puisque pour lui « je ne pensais pas qu’un noir pouvait être prêtre ». Il se rend avec quelques autres guinéens au petit séminaire Saint-Augustin à Bingerville en Côte d’Ivoire. Le voyage est très précaire et le jeune homme est donc très jeune éloigné de sa famille, mais il met tout en œuvre pour rester dans la formation malgré une santé fragile.Au bout de trois ans à Bingerville, les aléas de la situation politique guinéenne le contraignent de revenir au pays, à Conakry, où il demeure jusqu’à son baccalauréat. Après trois années de formation à la théologie et à la philosophie au Grand-Séminaire de Nancy (1964-1967), où il rencontre le cardinal Eugène Tisserant, il est ordonné prêtre le en la cathédrale Sainte-Marie de Conakry.

Il se rend ensuite à Rome pour poursuivre ses études exégétique. Il y reste jusqu’en 1974, avec une parenthèse d’un an à Jérusalem en 1971. Il retourne ensuite en Guinée comme curé de Boké, où il cherche malgré les dangers du voyage à visiter les villages les plus reculés de sa paroisse, qui n’avaient souvent pas reçu de prêtre depuis l’expulsion des missionnaires en 1967. En 1976, il devient professeur puis directeur du petit séminaire de Conakry.

Il est nommé archevêque de Conakry le par Jean-Paul II alors qu’il n’a que 34 ans, devenant ainsi le plus jeune évêque du monde. Il est consacré le 8 décembre suivant par le cardinal Giovanni Benelli, alors archevêque de Florence.

Il occupe cette fonction jusqu’en octobre 2001, date à laquelle il est appelé à la Curie comme secrétaire de la Congrégation pour l’évangélisation des peuples.

Le 7 octobre 2010, le pape Benoît XVI le nomme président du Conseil pontifical Cor Unum6, lequel traite toutes les questions en rapport avec les activités caritatives. Quelques semaines plus tard, il est créé cardinal par Benoît XVI lors du consistoire du 20 novembre 2010. Il reçoit alors le titre de cardinal-diacre de S. Giovanni Bosco in via Tuscolana.

En 2013, lors d’un pèlerinage de séminaristes français à Rocamadour, il rappelle que « On a trop discuté, ces dernières années, de la nature du prêtre, et trop peu prié. Or ce qui fait en premier le prêtre, c’est la prière et l’adoration ».

Du 18 au 21 mars 2014, il entreprend un voyage au Guatemala pour rencontrer les associations caritatives de l’archidiocèse du Guatemala. Il en profite aussi pour inaugurer un ensemble de maisons et une chapelle, sachant que, à la suite des catastrophes subies par le Guatemala, la construction de celle-ci a seulement pu se réaliser grâce au concours du Pape François.

Le , comme l’ensemble des chefs de dicastère, il est nommé par le pape François père synodal pour la troisième assemblée générale extraordinaire du synode des évêques sur la famille se déroulant du 5 au 19 octobre. Trois jours plus tard, il est également nommé membre de la Congrégation pour la cause des saints.

Le 23 novembre 2014, le pape François le nomme préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements.force

Le 25 février 2015, il publie chez Fayard Dieu ou rien, un livre d’entretien sur la foi réalisé en collaboration avec l’écrivain Nicolas Diat.

Le 23 mai 2016, le Cardinal Sarah appelle une première fois les prêtres à célébrer ad orientem, soit tournés vers l’est. Il reformule ce souhait lors d’une conférence à Londres le 5 juillet. Selon lui, l’enjeu est de remettre Dieu au cœur de la liturgie : « Par cette manière de célébrer, nous expérimenterons, jusque dans nos corps, la primauté de Dieu et de l’adoration »