Jean Louis Marie Le Pen est le fils unique de Jean Le Pen (1901-1942)1, marin-pêcheur, président de l’Association des anciens combattants et conseiller municipal de La Trinité-sur-Mer, et d’Anne-Marie Hervé (1904-1965), couturière et fille de paysans originaires de Locmariaquer et du Bono.

Il naît le 20 juin 1928, dans la maison familiale de La Trinité-sur-Mer. Ses parents le baptisent Jean, comme son père, Louis, comme son oncle, et Marie, comme la sainte Vierge (il n’accolera Marie à son premier prénom qu’après son mariage). La famille est essentiellement originaire du département du Morbihan.

Le 31 janvier 1956, le Journal officiel mentionne son nouveau prénom composé, « Jean-Marie », le député Le Pen ayant changé son prénom de « Jean » sous les conseils de sa compagne, Pierrette Lalanne, afin de séduire l’électorat catholique lors des élections législatives du 2 janvier 1956.

Son père trouve la mort à bord du chalutier La Persévérance, dont il est le patron, quand le bateau, qui pêchait la sole, saute sur une mine remontée dans son chalut, le 22 août 19427. Son nom figure, depuis lors, sur le monument aux morts de La Trinité-sur-Mer. Jean-Marie Le Pen devient alors pupille de la nation, par jugement du tribunal civil de Lorient du 23 décembre 1942.

À la fin de ses études universitaires, Jean-Marie Le Pen hésite entre une carrière d’avocat et une carrière militaire.

Après six mois passés à l’École d’application de l’infanterie de Saint-Maixent, il participe à la guerre d’Indochine. Il arrive en Indochine en 1954, où il sert comme sous-lieutenant dans le 1er bataillon étranger de parachutistes, sous les ordres de Hélie de Saint Marc, son commandant de compagnie. Il y est, en fin de séjour, en 1955, journaliste à Caravelle, l’organe du corps expéditionnaire français. Lors de la guerre d’Indochine, il fait la connaissance d’Alain Delon, avec qui il se lie d’amitié.

En octobre 1956, il quitte pour six mois les bancs de l’Assemblée nationale pour s’engager dans son ancienne unité, devenue le 1er régiment étranger de parachutistes, avec lequel il participe comme chef de section au débarquement de vive force à Port-Fouad (Égypte) puis à la bataille d’Alger.

Il est remarqué par le général Massu pour avoir enterré des soldats de confession musulmane selon le rite de leur religion au lieu de les jeter à la mer. En 1970, le leader du FLN Krim Belkacem lui aurait confié que cette attention lui a évité d’être tué par la rébellion algérienne.

Jean-Marie Le Pen est décoré de la croix de la valeur militaire

En novembre 1958, sous l’étiquette « Indépendants de Paris », qui est la fédération parisienne autonome du Centre national des indépendants et paysans (CNIP), Jean-Marie Le Pen est réélu député dans la troisième circonscription de la Seine (son ancienne circonscription ayant été découpée en dix nouvelles circonscriptions). Alors que le scrutin uninominal majoritaire à deux tours est restauré, il réunit sur son nom 45,2 % des suffrages exprimés, face notamment à un candidat de l’UNR et un candidat du PCF. Il est entre 1959 et 1961 membre du Sénat de la Communauté, organe législatif institutionnalisant l’association politique entre la France et les États de son empire colonial, alors en voie de décolonisation

À cinq reprises, il est candidat à une élection présidentielle. Après avoir obtenu un résultat très faible en 1974, il se hisse par trois fois en quatrième position du premier tour (en 19881995 et 2007). À la surprise générale, il accède au second tour du scrutin de 2002, à

l’issue duquel il obtient 17,8 % des suffrages exprimés face au président sortant, Jacques Chirac, qui bénéficie d’un « front républicain ».

Soldat des guerres d’Indochine et d’Algérie, il commence sa carrière politique dans les courants poujadistes. Il est député entre 1956 et 1962, élu dans le département de la Seine. Sollicité par le mouvement nationaliste Ordre nouveau, il participe en 1972 à la fondation du Front national (FN), dont il prend la présidence.