Philanthrope, homme d’affaires, lobbyiste… George Soros, milliardaire américain, admiré par certains, vilipendé par d’autres, est omniprésent sur le continent. Qui est vraiment l’homme qui a tissé l’un des réseaux les plus puissants de la planète ?

A 87 ans, l’Américain George Soros est l’un des hommes les plus détestés de la fachosphère. Ce spéculateur multimilliardaire d’origine juive, né en Hongrie, figure aussi parmi les plus grands philanthropes du monde, et attise les théories du complot les plus folles.

George Soros, né György Schwartz, voit le jour le 12 août 1930 à Budapest. Il n’a que 13 ans quand la Hongrie est envahie par l’Allemagne nazie, et n’échappe à la déportation que grâce à la protection d’un employé du ministère, qui le fait passer pour son filleul. Soros fuit l’occupation soviétique en 1947 lorsqu’il émigre au Royaume-Uni et entreprend des études d’économie. Neuf ans plus tard, il s’envole pour les États-Unis où il décroche un job d’analyste, avant de devenir très vite l’un des petits génies les plus en vue de Wall Street. Fonds offshore, société de gestion, spéculations et paradis fiscaux deviennent le quotidien du financier aux dents longues, qui sera même condamné pour délit d’initié à la fin des années 80.

En 1992, alors que le Royaume-Uni s’enfonce dans une crise économique, il semble clair à George Soros que la situation de la livre sterling est intenable.

La livre sterling à cette période est dans un régime de change lié : le Système Monétaire Européen (SME). Ce système induit premièrement une valeur presque fixe de la livre (relativement aux autres monnaies européennes), celle-ci, en raison de la crise, devient trop élevée ; et deuxièmement le niveau des taux d’intérêt se retrouve trop dépendant de ceux de la Bundesbank. Ce système est l’ancêtre de l’Euro.

L’Allemagne avait besoin de taux d’intérêt élevés, le Royaume-Uni de taux faibles. Soros parie sur le fait que la Banque d’Angleterre ne peut résister à plus de pression sur sa monnaie et qu’elle sera forcée de sortir la livre du SME. Ceci, provoquerait en particulier une chute importante de la valeur de la livre.

Le 16 septembre 1992 (« mercredi noir »), Soros vend à découvert 10 milliards de livres, pariant donc à la baisse sur cette monnaie. Il provoque, par cette opération, une pression telle sur la livre que la Banque d’Angleterre sort sa devise du Système Monétaire Européen.

La plus-value qu’en aurait tiré Soros serait d’environ 1,1 milliard de dollars. Il est alors surnommé pour cela « l’homme qui fit sauter la Banque d’Angleterre ».

Durant la crise financière asiatique de 1997, dans des circonstances similaires, le Premier ministre malais de l’époque Mahathir bin Mohamad accuse Soros de spéculer sur le ringgit.

À l’inverse, il se trompe dans d’autres circonstances et reperd des montants importants dans la spéculation contre d’autres monnaies telles que le Deutsche Mark.