1799

1799

 

Napoléon Bonapartepremier consul, installe le Conseil d’État au Petit Luxembourg le 25 décembre 1799. Les bras tendus sont pour le serment de fidélité, comme le représente Louis-Charles-Auguste Couder dans une huile sur toile intitulée Installation du Conseil d’État au palais du Petit-Luxembourg.

Le salut bras tendu fut aussi pratiqué par les Arditi de Gabriele D’Annunzio durant l’épisode de la Régence italienne du Carnaro, en référence à l’Empire romain. Il fut ensuite adopté par le Parti national fasciste deBenito Mussolini, puis repris par l’ensemble des mouvements européens d’inspiration fasciste, comme la Phalange espagnole, la Garde de fer et leNSDAP. Sous le Troisième Reich, il était l’un des signes les plus évidents du culte de la personnalité rendu au dictateur allemand. D’après l’encyclopédie Brockhaus, les historiens nazis estimaient que certains rois du Moyen Âge étaient salués avec des gestes similaires2.

Le salut fasciste diffère du salut nazi : il est plus proche de son inspiration médiévale. Pour les fascistes italiens et les franquistes, le bras est levé plus haut et le pouce est écarté des autres doigts.

À compter de 1938, le régime de Mussolini tenta, sans grand succès, d’imposer le salut fasciste au-delà de la sphère étatique et militante, en rendant le salut bras tendu obligatoire pour tous les italiens en lieu et place de la poignée de main3.

En Espagne, sous le régime de Francisco Franco, le salut fut utilisé en tant que salut franquiste par les sympathisants du régime issus notamment de la Phalange espagnole, mais devint progressivement obsolète.

En France, sous le régime de Vichy, les membres de la légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) et les Waffen-SS français de ladivision Charlemagne utilisaient aussi ce salut4. Le salut fasciste a été utilisé aussi par des collaborationnistes dans certaines manifestations publiques du régime5. Il était également utilisé par les élèves des Chantiers de la jeunesse française (CJF)6.

En Allemagne, le salut hitlérien est considéré par les nazis comme « le » salut allemand, et donc dans certaines villes, il sera interdit aux Juifs, comme à Gotha en 19337 :

« La direction du parti nazi de la ville et du district de Gotha a publié l’avis suivant : “Il a été soulevé à plusieurs reprises de savoir si les Juifs devaient aussi rendre le salut allemand [hitlérien]. Afin de faire cesser dans l’avenir tout malentendu, nous affirmons par la présente que le salut allemand est un salut des Allemands qui est non seulement pas exigé des Juifs, mais de plus non désiré d’eux. Aussi la population est sollicitée à laisser tranquilles les Juifs qui n’effectueraient pas le salut allemand”.  »

 

Le salut romain est un salut exécuté par le bras tendu en face de soi, avec la paume de la main dirigée vers le sol et les doigts serrés entre eux. Parfois le bras est relevé d’un certain angle, mais il peut également être parallèle au sol. Ce salut est connu aujourd’hui comme un symbole du fascisme ou du nazisme, et trouverait ses origines dans la Rome antique. Toutefois, aucun texte romain ne donne cette description et aucune œuvre d’art romain ne représente un geste de salut qui ressemble à cette posture moderne.

Le tableau du peintre français Jacques-Louis David Le Serment des Horaces (1785) a inspiré l’idée du geste qui sera connu comme le salut romain. L’art néoclassique français a alors encouragé le rapprochement de ce salut avec la Rome antique, qui sera repris plus tard dans la culture populaire au théâtre et au cinéma.

Ce geste a été adopté par le fascisme italien, puis par le parti nazi allemand et d’autres mouvements fascistes (voir salut fasciste). Aujourd’hui, ce salut est puni par la loi en Allemagne et en Autriche. Il reste utilisé avec ses variantes par des mouvements néofascistes.