Baudouin de Saint léger : En fait, l’an dernier lorsque j’ai commencé à organiser ces soirées « So Chasse » à Paris, je m’imaginais que seul les jeunes veneurs ou les passionnés de chasse seraient séduits. Or au fur et à mesure, j’ai réalisé combien les soirées attiraient de plus en plus de monde. On y croisait non seulement des veneurs accomplis, mais aussi des mordus de chasse à tir, des artistes, des amateurs d’art, de peinture, de musique,… En somme, j’en ai conclu que l’on pouvait aimer la chasse et ses valeurs, sans nécessairement la pratiquer. Créer un Club, mêlant toutes les générations, autour d’une passion commune pour la chasse, m’est alors apparu comme une évidence ! Et puis c’est une grande première ! Par ailleurs j’ai compris qu’il fallait répondre à un besoin : au cours des soirées So Chasse, de plus en plus de personnes me demandaient comment se procurer une selle, des bottes, un beau voyage de chasse ou la dernière carabine à la mode.

Créer un réseau fort, en réunissant des personnes d’horizons variés, c’est aussi cela « le Club So Chasse ». Sans oublier la grande diversité d’âge de nos membres qui permet aux plus anciens d’échanger avec les plus jeunes leurs expériences cynégétiques mais aussi professionnelles. Deux personnes ont pu ainsi trouver un job via les réseaux du Club, d’autres encore sont en pourparlers pour collaborer ensemble sur un projet de reprise d’entreprise. Marie-Ange de Montesquieu : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur le déroulement des Evénements du Club ?

 B.S-L : Pour moi, la chasse est avant tout un art, tout comme la musique, l’opéra, la littérature, l’œnologie, ou la gastronomie. Des plaisirs partagés par de nombreux chasseurs. C’est vraiment ce qui caractérise pour moi l’univers « So Chasse » ! Les Evénements ont toujours lieu dans des lieux prestigieux comme la Galerie Berretta, les salons d’Oriano, ou encore les salons Savile House, où nous avons d’ailleurs organisé récemment une dégustation de grands crus de Bourgogne. Chaque événement est sponsorisé par une grande marque qui propose aux membres du Club un cocktail et un atelier découverte, sur un thème lié au monde de la chasse.  Récemment, un bottier de la maison Le Chameau est venu nous montrer l’art de fabriquer des bottes. Nous avons eu également la chance de participer à une soirée récital d’opéra et lectures des Comtes de la bécasse dans les salons d’Oriano à Paris. Prochainement, Michel Vallier, un célèbre taxidermiste, nous recevra dans ses ateliers pour nous présenter toutes les étapes de la naturalisation. Le mois prochain, un atelier « Polo » permettra aux membres du Club So Chasse de découvrir ce sport. Au menu de cette soirée, 1h45 de cours dispensé par deux joueurs de polo argentins, qui enseigneront les rudiments de la discipline à une quinzaine de volontaires du Club !  Des cours d’œnologie, des ateliers tirs réservés aux femmes sont également prévus.

Et puis 3 chasses et 3 « week-ends découverte » seront au programme la saison prochaine. L’occasion notamment de découvrir dans la convivialité la chasse à la palombe (dans le Sud-Ouest), la vènerie, ou encore la fauconnerie. En décembre 2010, la soirée de lancement de « So chasse le Club » dans les salons Pernod Ricard a rassemblé 350 personnes. Et le Club compte déjà 250 membres actifs, dont 40% de femmes ! Ce qui en fait sans doute le rendez-vous le plus important de dianes chasseresses de tout le pays ! C’est vrai que les femmes sont souvent mises à l’écart dans les rassemblements de chasseurs. Ce qui n’est pas le cas selon moi où elles occupent une place à part entière, aussi bien à cheval en forêt, que sur les miradors de nos belles allées françaises !

Marie-Ange de Montesquieu : Baudouin, vous avez 28 ans, comment expliquez-vous une telle réussite ?B.S-L : Évidement nous ne devons pas ce succès au hasard ! Cela fait déjà trois ans que je m’investis personnellement et professionnellement dans l’univers de la chasse : j’ai travaillé dans un premier temps pour Club Faune puis pour le site Chassons.com ! Cela m’a donc permis de contacter, de rencontrer des personnes, et des sociétés, liées de près ou de loin à la chasse et au monde cynégétique. C’est de cette façon que j’ai pu notamment sympathiser avec Julien Tournoux et Pierre-Emmanuel Roubaud, les deux fondateurs du Salon de Rambouillet. Ils m’ont proposé de collaborer à l’organisation du salon cette année qui a eu lieu au début du mois d’avril. Et puis il y a bien sûr les sponsors qui sont de plus en plus nombreux à me soutenir.

  Marie-Ange de Montesquieu : Concrètement, comment rentre-t-on dans le Club?  B.S-L : Pour devenir membre, c’est très simple : il suffit d’être invité par un membre une première fois. Ensuite pour adhérer au Club, il faut se faire parrainer par un membre et régler une cotisation annuelle : 120 euros si vous êtes seul, 200 euros pour les couples, et 350 euros pour les familles. Un droit d’entrée à vie de 40 euros est également demandé. Et pour ceux qui le souhaitent, les versements en plusieurs fois sont possibles. 

Marie-Ange de Montesquieu: Vous ne travaillez pas tout à fait seul pour So Chasse ? 

 B.S-L : En effet je suis bien entouré ! Du trésorier, à l’avocate, en passant par le photographe sans oublier le prêtre officiel du Club Luc de Bellescize, un fou de chasse, en tout une dizaine de personnes donnent de leur temps et de leur énergie pour m’épauler dans ce projet !

 Marie-Ange de Montesquieu: Baudouin, parlez-nous un peu de vous, jeune entrepreneur, mais veneur avant tout ? B.S-L : Oui ! J’ai commencé à chasser dès l’âge de quatre ans en suivant mon papa, veneur de lièvre qui n’a jamais voulu se mettre à la chasse à tir de peur de tirer sur quelqu’un (il est droitier et son œil directeur est le gauche). C’est ce type de chasse qu’il préfère car elle est très sportive. Elle mêle aussi bien des agriculteurs, des avocats, et des chefs d’entreprise ! C’est vraiment lui qui m’a transmis cette passion pour la chasse. J’ai appris l’art de savoir être bien placé quand la chasse va trop vite, apprécier le travail d’une meute, ou encore être « aux chiens » lorsqu’il faut aider celle-ci dans les défauts. Lorsque j’avais 8 ans, des amis de mes parents m’ont emmené à la chasse à tir pour que je me poste avec eux, ils m’ont ensuite invité plus tard, dès l’âge de 10 ans, à venir traquer, bâton à la main, couteau à la ceinture ! Après avoir récolté épines et autres boursouflures, à 10 ans j’ai eu l’immense privilège d’être surnommé par Marcel Anfer, (personnage illustre de la chasse et de la vènerie) : La Broussaille, mon nom de vènerie, alors qu’en principe, seul le piqueux y a droit !. Un peu plus tard, j’ai découvert la vie d’un équipage aux côtés de Vincent Striffling que Saint Hubert a rappelé bien trop tôt, Dany Troly et Olivier Rollet

Puis j’ai continué mon apprentissage aux côtés d’Hubert Besson, lieutenant de louveterie en Saône-et-Loire : un sage qui m’a apporté beaucoup en termes de connaissances cynégétiques, mais également sur la vie d’une meute. Dès le début de mon adolescence, j’ai sonné au Débuché de Bourgogne entouré de très grandes trompes, comme Pierre de Surel, Phillipe Faquet, Nicolas Gruère…. Mon aventure s’est ensuite poursuivie en Afrique où j’ai rencontré Jean-Pierre Bernon, directeur de Club Faune qui m’a donné le goût des grands espaces et des grandes chasses en particulier au Bénin et au Mozambique. J’y ai suivi un guide d’exception, Yann le Bouvier. Aujourd’hui, je consacre mes week-ends bordés aux laisser-courre du rallye des Mondrots, et à ceux de l’équipage du Bois d’Hirley au lièvre.Je chasse aussi à tir au petit et au grand gibier un peu partout en France.

Marie-Ange de Montesquieu : Promouvoir la chasse représente un enjeu important pour vous et pour le Club ? 

B.S-L : Oui, bien sûr, c’est évident ! L’image de la chasse comme un sport « d’élite », un peu dépassé, est encore trop ancrée dans l’esprit des français. J’aimerais vraiment transformer cette fausse idée, et démocratiser la chasse, la « rajeunir », en la rendant plus accessible. Je travaille d avec la Fédération Nationale des Chasseurs pour tenter de trouver des solutions pratiques au passage des permis pour les jeunes chasseurs. Par ailleurs des formations cynégétiques sont également prévues pour se perfectionner dans la chasse à l’arc, le piégeage, le grand gibier, etc.

 Marie-Ange de Montesquieu : Baudouin, quel est votre rêve le plus cher ?

B.S-L : Mon premier objectif est de réunir 1.000 chasseurs dans le Club fin 2015 ! Je souhaite également que le Club ait une vraie dimension internationale en rassemblant sur des évènements des chasseurs italiens, espagnols, tchèques, belges…