Près de 1500 quartiers français, concentrant 5,5 millions d’habitants, vivent aujourd’hui sous tension, au coeur de la fracture républicaine.

Pourtant, ces territoires abritent eux-aussi une France des oubliés, dont les aspirations légitimes ont aujourd’hui été compromises par l’abdication de l’Etat et des ses institutions. Sur la question sociale d’abord, où la République a laissé la violence, les communautarismes et le fait religieux faire loi, déléguant parfois son monopole de la violence légitime à des minorités autoproclamées. Là ou il fallait être ferme et intransigeant, les responsables politiques ont adopté la stratégie des « yeux grands fermés », camouflant ainsi leur incompétence à résoudre une crise de l’emploi persistante. Sur la question économique, Gauche & Droite promettent des lendemains meilleurs à chaque grande élection. Les mêmes politiques ont abouti aux mêmes échecs.

Depuis trente ans, les politiques de la ville dites de « reprise en main des banlieues » ont aggravé une ghettoïsation qu’elles prétendaient combattre. Dogmes sacrés, jamais remis en question, ces dispositifs auront coûté près de 100 milliards d’euros, investis dans des opérations immobilières floues ou saupoudrés dans des associations de quartier. On sait aujourd’hui que la politique de la ville nourrie très largement des pratiques politiques locales clientélistes, presque mafieuses.

Notre pays est passé d’une culture de l’affrontement à celle de l’évitement. La peur de provoquer des émeutes et d’entraîner des amalgames sont devenus les excuses de l’inertie politique. Sortir le chéquier pour acheter la paix sociale, flatter les communautarismes ou financer des contrats aidés courtermistes : voilà l’action concrète de la machine à désillusions UMPS.

Trois décennies d’aveuglement, de laissez-faire et de renoncements doivent céder leur place à une offre politique nouvelle, patriote, au service de l’unité des territoires. Il appartient à l’Etat de mettre un terme à sa politique de zonage inefficace et de se redonner les moyens d’assurer ses missions régaliennes les plus essentielles. A l’école, dans la rue, l’ordre et l’exigence doivent primer sur l’anarchie et le laxisme ; parce qu’une société ne peut rayonner que s’il est apaisée, sûre et tranquille.