C’est une styliste australienne d’origine libanaise, Aheda Zanetti, qui a inventé le burkini il y a déja plus de dix ans, en 2003. L’idée lui est venue en observant sa nièce jouer au beach-volley habillée en hijab, vêtement peu commode pour ce type de pratique sportive. Elle dessine alors les premiers exemplaires de burkini en choisissant des matières pouvant aller dans l’eau, légères et confortables. Dès leur mise en vente, les burkini connaissent un certain succès en Australie, favorisé par l’intérêt des médias locaux et internationaux. Relativement nouveau en France, où on peut le trouver sur certains sites de vente spécialisés en ligne, le burkini est désormais vendu dans des dizaines de pays à travers le monde. En revanche, il n’est pas commercialisé dans les grandes enseignes de prêt-à-porter, contrairement à ce que des rumeurs avaient pu faire croire.

Le port du burkini n’est pas interdit par la loi française. La loi sur le voile intégral, promulguée en 2010 et dont le non-respect est puni d’une amende de 150 euros, stipule en effet que «nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son propre visage». Or, le burkini laisse le visage apparent. De plus, l’article 1er de la Constitution, qui précise que «la France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale» qui «respecte toutes les croyances» garantit la neutralité de l’Etat en matière de religion, et non celle des usagers. Chacun a donc le droit, selon la loi, de porter les signes religieux qu’il souhaite dans un espace public comme la plage.

L’article 9 de la Convention européenne des Droits de l’Homme vient pour sa part rappeller que chacun à la droit de «manifester sa religion ou sa conviction individuellement ou collectivement, en public ou en privé, par le culte, l’enseignement, les pratiques et l’accomplissement des rites».