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D’après un sondage d’Odoxa pour Le Parisien, trois Français sur quatre disent ne pas vouloir que François Hollande et Nicolas Sarkozy soient candidats à l’élection présidentielle de 2017. Il faut dire que chacun a eu sa chance et ni l’un ni l’autre n’a réellement conquis le peuple par ses actions. Les candidatures de Jean-Luc Mélenchon (responsable du Parti de gauche) et Cécile Duflot (ancienne ministre EELV) sont encore plus mal perçues par l’opinion public. Qu’en est-il d’Alain Juppé ?

Une candidature soutenue par les Français

L’ancien Premier ministre semble se démarquer de ses adversaires. En effet 56% des Français sondés porteraient un avis favorable sur la candidature d’Alain Juppé. A titre de comparaison, 38% des personnes interrogées soutiennent la candidature du Premier ministre Manuel Valls, 37% celle de la présidente du FN Marine Le Pen et 33% celle du président du MoDem François Bayrou. Si l’on s’en tient aux récents sondages, celui qui était présenté en novembre comme un potentiel « bon président » aurait donc des chances d’être élu comme successeur du président sortant François Hollande. Prudence toutefois, car même si la presse ne cesse de publier des articles dans le sens d’une victoire du maire de Bordeaux en 2017, nous avons vu lors des régionales ou même des référendums sur les JO d’été à quel point les sondages pouvaient être fragiles. D’autre part, ils suscitent certains désaccords, notamment quant à la façon d’obtenir ces conclusions. Comme l’explique Francetvinfo, le sondage Odoxa donnant Alain Juppé vainqueur lors d’une primaire 2016 face à Nicolas Sarkozy scandalise car sur les 911 personnes sondées, seules 10% sont sûres d’aller voter. En d’autres termes, l’enquête ne porterait réellement que sur 91 personnes, ce qui de ce fait accroit considérablement les incertitudes sur les chiffres.

Un besoin de renouveau

Plusieurs éléments peuvent laisser penser qu’Alain Juppé ne gagnera pas les présidentielles 2017. Le premier est assez simple : même s’il est a priori bien vu par le peuple français pour le moment, la candidature du maire de Bordeaux ne s’inscrit pas dans la volonté de renouveler la classe politique. Alain Juppé est en effet connu depuis longtemps. Premier ministre de 1995 à 1997 pendant la présidentielle de Jacques Chirac, il devient très impopulaire lorsqu’il propose son « plan » sur les retraites et la Sécurité sociale, initiative qui sera à l’origine d’une importante vague de grèves qui le poussera finalement à quitter ses fonctions. Certes, il n’a jamais été président ce qui reste un avantage par rapport à ses concurrents Nicolas Sarkozy et François Hollande qui, eux, ont manifestement le moins de chance de refaire un nouveau mandat. Mais son âge ne joue pas non plus en sa faveur. En 2017, il aura en effet 72 ans. Nicolas Sarkozy avait 52 ans lorsqu’il s’est fait élire comme chef de l’Etat et François Hollande 58. Sans vouloir écarter la candidature d’Alain Juppé, ce point pourrait toutefois s’avérer important car le président de la république représente l’image de la France à travers le monde. Or, un pays dynamique est plus raisonnement mené par un dirigeant relativement jeune. L’expression « place aux jeunes » habituellement utilisée dans le monde du travail pourrait parfaitement s’appliquer pour les présidentielles 2017, de façon mesurée bien entendu (« jeune » ne signifiant pas nécessairement « moins de 30 ans »).

Des propos ambigus

Récemment, Alain Juppé a dévoilé ses propositions pour 2017. Il a également pris position sur la question de la réforme de la déchéance de nationalité, la qualifiant d’inutile. Dans un entretien au JDD, il se montre opposé au projet d’extension de la déchéance de la nationalité aux binationaux nés Français condamnés pour terrorisme proposé par François Hollande. Toutefois, alors même qu’il accuse le président de « semer de la confusion dans le débat », il écrit dans son livre-programme intitulé « Pour un Etat fort » (à paraître le 6 janvier prochain) vouloir « prononcer davantage de déchéances de nationalité pour les binationaux auteurs d’actes terroristes ». De fait, Alain Juppé est critiqué pour son ambiguïté. Son conseiller spécial Gilles Boyer a cependant pris la peine de défendre ses propos en expliquant que « la mesure existe pour les naturalisés et elle doit être utilisée » mais « il était inutile de l’étendre aux Français de naissance ».

En quelques mots, rien n’est gagné pour Alain Juppé. Comme le rappelle un article du Figaro, le maire de Bordeaux peut bénéficier d’une importante cote de confiance, elle n’avait pas suffi à faire gagner Edouard Balladur en 1995…

G.A