L’art de la guerre’’ nous enseigne que pour combattre son ennemi, il faut d’abord apprendre à le connaître. Transposé dans le jeu politique, ce conseil de bon sens nous invite à bien appréhender les règles du jeu électoral avant de se présenter à une élection. Il pourrait se traduire par un ‘’ne promets pas ce que tu ne pourras pas faire’’. Or, c’est très exactement cette méconnaissance du système politico-médiatique qui conduit ceux que l’on nomme aujourd’hui les ‘’petits candidats’’ à défendre des projets irréalisables. Je pense en effet qu’aborder le scrutin présidentiel avec un inventaire à la Prévert de propositions, aussi pertinentes soient-elles, est une stratégie vouée à l’échec.

Entendez-moi bien. Je ne juge pas les propositions sur le fond. Je ne parle que de stratégie.

Car dans notre démocratie, le Président de la République n’est pas Dieu sur Terre. Et il ne suffit pas qu’il s’adresse à la Nation pour que sa parole devienne immédiatement et irrévocablement un commandement exécutoire. Non, nous ne sommes plus dans une Monarchie de droit divin. Certains le regrettent peut-être ; moi pas. Notre Constitution repose sur le principe de séparation des pouvoirs : Exécutifs, Législatifs et Judiciaires. Ce principe constitutionnel inviolable a pour conséquence que ce n’est pas le Président qui fait la loi, mais le Parlement. Et sans majorité parlementaire, rien ne se fera !

Nombres de  »petits » candidats semblent oublier un peu vite ce détail insignifiant de nos institutions. En promettant tout et n’importe quoi sans se soucier de la faisabilité de leurs engagements, ils ne font guère mieux que leurs homologues professionnels des partis : des promesses d’arracheurs de dents dont les citoyens ne verront jamais la couleur !

Autant promettre le SMIC à 3000€ et la semaine de 25h ; Ça ira plus vite, ça coûte pas cher et même si personne n’y croit, ça fait toujours plaisir à entendre.

Pour un grand nombre des ces aspirants au changement, l’élection présidentielle n’est rien d’autre qu’un miroir aux alouettes, un leurre séduisant et trompeur qui attire les bonnes volontés et entretien l’illusion d’une démocratie accessible à tous. Car aborder le scrutin comme n’importe quel autre candidat, avec une liste de propositions souvent pertinentes – mais parfois irréalistes – c’est aussi oublier le rôle des médias et leur pouvoir de nuisance sur l’opinion. En effet, dans notre Médiacratie les gens ne votent pas pour des idées ; ils votent pour ce qu’ils voient à la télé. Et dans ce domaine, le législateur ne tarit pas d’imagination pour interdire l’accès aux médias à toute forme d’alternative citoyenne qui viendrait bousculer la prédominance des partis. C’est ainsi que la loi Urvoas de décembre 2015 a purement et simplement légalisé l’inégalité du temps de parole des candidats. En d’autres termes, les journalistes décideront désormais, et en toute légalité, de donner la parole à tel candidat et de l’interdire à tel autre.

La Corée du Nord en avait rêvé. La France l’a fait !

Il ne faut pas se tromper de scrutin et agir en parfaite connaissance de ce qui est possible de faire et ce qui ne l’est pas. Appelons ça ‘’l’art de la guerre politique’’. C’est donc avec une extrême lucidité que j’ai décidé d’aborder l’élection Présidentielle, non pas avec une liste de mesures impossibles à mettre en oeuvre, mais en incarnant la mécanique et les conséquences d’un vote blanc qui compte dans le résultat.

Un vote blanc comme un droit de veto citoyen contre l’ensemble des mauvais choix proposés ; un vote blanc comme une voix non-partisane et libérée du carcan des partis ; un vote blanc comme un bouton ‘’Stop’’ avant la reconstruction avec et par les citoyens.

Certains considèrent peut-être que ne pas être d’accord ne suffit pas. Je leur demande de bien réfléchir. Je les invite à imaginer les conséquences de la victoire d’un inconnu dont la seule promesse est d’incarner une dynamique citoyenne d’opposition aux candidats des partis. C’est ça ma candidature. Un séisme salvateur qui permettra aux citoyens de reprendre le pouvoir de décision dont ils ont été privés. Car après le tsunami dévastateur, c’est une vague citoyenne de candidats ‘’blancs’’, non-encartés idéologiquement, libres de toutes entraves partisanes, qui se lanceront à la conquête de l’Assemblée Nationale afin d’offrir aux citoyens la possibilité de voter eux-mêmes les lois qui les concernent. Un Pays des Souris enfin débarrassé des Chats qui les gouvernent.

Présidentielle et Législatives sont deux scrutins intimement liés. N’envisager que le premier sans prévoir le second revient soit à ignorer le fonctionnement de nos institutions, soit à mentir aux électeurs. Pour autant, la profusion de candidatures indépendantes reste un signe positif. Elle prouve la capacité des citoyens à s’émanciper du joug des partis et à formuler leurs propres propositions. Elle montre que les citoyens ne se laissent plus berner par les habituels candidatures et tend à redonner ses lettres de noblesse à un mot aujourd’hui salit pas des pratiques nauséabondes : la politique.