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Léo Strauss (1899-1973) est une des grandes figures de la philosophie politique du XXe siècle. Si ses œuvres sont devenues aujourd’hui des classiques, l’homme reste mal connu. Philosophe allemand émigré aux États-Unis dans les années trente, grand connaisseur de l’antiquité grecque, juif soucieux d’être fidèle à son peuple et solidaire de ses souffrances, Léo Strauss déploya durant toute sa vie une réflexion critique sur la politique et son histoire en se situant à la charnière des sagesse juives et hellénistiques. Dans l’article qui donne son titre au recueil, l’auteur s’interroge sur ce que c’est qu’être juif : est-ce appartenir à une religion, à une culture, au malheur ? Il répond à la difficile question de la transmission de la judéité, pourquoi rester juif, en démontrant qu’il est impossible de faire autrement.
Entre révélation et raison, entre Athènes et Jérusalem, Strauss chemine avec une clarté et une simplicité exemplaires qui donnent à comprendre, que l’on partage ou non ses analyses, les enjeux de la philosophie politique occidentale.
C’est avec Droit naturel et histoire que Strauss s’imposa en France. On pourra lire pour découvrir sa pensée politique : La Cité et l’Homme et Qu’est-ce que la philosophie politique ? Sur le thème de la judéité, on comparera avec intérêt les positions de l’auteur avec celles d’Hannah Arendt dans La Tradition cachée. –Emilio Balturi

Quatrième de couverture

«Il nous faut par conséquent essayer de comprendre la différence entre la sagesse biblique et la sagesse grecque. Nous voyons tout de suite que chacune des deux prétend être la vraie sagesse, en niant de la sorte la prétention de l’autre à être sagesse au sens strict et au sens le plus élevé. Selon la Bible, le commencement de la sagesse est la crainte du Seigneur ; selon les philosophes grecs, le commencement de la sagesse est l’étonnement. Nous sommes ainsi contraints dès le tout début à faire un choix, à prendre position. De quel côté nous situons-nous donc ? Nous sommes confrontés aux prétentions incompatibles de Jérusalem et d’Athènes qui exigent l’une et l’autre notre allégeance. Nous sommes ouverts à l’une et à l’autre et disposés à les entendre toutes deux. Quant à nous, nous ne sommes pas sages, mais nous souhaitons le devenir. Nous sommes des chercheurs de sagesse, des philo-sophoi.» Leo Strauss.