Les hommes qu’ils soient hétéros ou homosexuels sont nombreux à aimer pratiquer la sodomie. Cet acte met en jeu à la fois un fantasme fort et des sensations intenses.

Pourquoi aimez-vous sodomiser vos compagnes ? La question n’est ni évidente à poser, ni simple à entendre. Pourtant, des hommes ont accepté de jouer le jeu, et leurs réponses sont assez surprenantes. Au lieu d’évoquer des sensations ou des fantasmes débridés, ils saluent, avec une belle unanimité, le « don total » de la femme en cette circonstance.

Certains parlent même d’absolu : une femme qui parvient à surmonter sa douleur, son appréhension et, bien souvent, ses préjugés donne le sentiment de se livrer tout entière. Et cet abandon, cette confiance semblent donner tout son prix à cette pratique.

Le terme de sodomie vient du nom de la ville de Sodome qui, selon la Bible, fut détruite par Dieu après que ses habitants eurent tenté de violer des anges de Dieu réfugiés chez Loth, le neveu d’Abraham (cf. l’épisode de Sodome et Gomorrhe). Dans cet épisode, il n’est pas explicitement fait mention de la sodomie telle qu’on la définit actuellement : les autres références au péché de Sodome dans la Bible évoquent plutôt le manque au devoir d’hospitalité très important dans le Proche-Orient ancien (Ez. 16,49 ; Jr. 23,14 ; Sir. 16,8 ; Lc 10,10-12). L’interprétation en termes de sodomie ou d’homosexualité commencerait à apparaître avec les apocalyptiques juives tardives et chez les juifs hellénisés au début du IIe siècle. Origène (185-253) et Saint Ambroise de Milan (340-397), pourtant grands ennemis du péché de chair, évoquent le manquement à l’hospitalité. Sans doute en référence aux alliances interdites entre les fils de Dieu et les filles d’humains qui provoquent la colère de Dieu en Gen. 6,1-4, les commentaires juifs attribuaient des relations interdites entre les femmes de Sodome et les anges. Ainsi, jusqu’au XVIIe siècle, le terme sodomie recouvrait un ensemble de relations sexuelles réprouvées, pas seulement anales ou homosexuelles. Dans certains contextes, notamment les classifications légales de certains États fédérés des États-Unis, le terme anglais sodomy (en) inclut d’autres pratiques sexuelles jugées déviantes par certains, notamment le cunnilingus et la fellation (contact entre la bouche et le sexe). En allemand (Sodomie) le terme ne fait aucunement référence à la pénétration anale mais désigne la zoophilie.

D’une manière similaire, le terme « bougre » (du latin Bulgarus, qui donne l’ancien français bogre) désignait à l’origine les bogomiles (« amis de Dieu » du bulgare Bog « dieu » et mile « ami »), membres d’une secte bulgare hétérodoxe proche des mouvements cathares. On avait accusé ces bogomiles du péché de sodomie afin — entre autres — de les tourner en dérision. « Bougre » en est donc venu à ne plus désigner les seuls Bulgares bogomiles, mais aussi de manière injurieuse les sodomites. Par affadissement, le terme a désigné un « gaillard » et enfin un « individu ». Le cognat anglais bugger (en) a gardé le sens original de sodomite.

Il semble que la sodomie soit expérimentée assez tôt dans la vie sexuelle (sans que cela préjuge l’intégration dans le répertoire sexuel habituel). En 2000, Baldwin et Baldwin ont publié une étude détaillée sur les rapports anaux dans une population d’étudiants américains hétérosexuels (âge moyen : 20 ans 1/2, 63 % des réponses venaient de femmes) : 78 % avaient déjà eu un rapport vaginal et 18 % un rapport anal. Parmi les non-vierges, 22,9 % avaient également déjà pratiqué la sodomie (en moyenne à 18 ans 1/2, alors que l’âge moyen du premier rapport vaginal était de 16 ans 1/2). Il s’agissait plus souvent de garçons (28 % des hommes non vierges de l’étude) que de filles (19 % des non-vierges) mais les auteurs voient cette différence s’estomper une fois les autres variables (influençant le fait d’avoir un rapport anal) prises en compte.

Contrairement à une idée reçue, la sodomie n’est pas une pratique banale ou systématique au sein de la population homosexuelle. Selon une étude de 2011, menée par l’Université de l’Indiana et la George Mason University, seulement 35 % des personnes homosexuelles interrogées ont affirmé avoir pratiqué la sodomie au cours de leur dernier rapport sexuel. La fellation (pratiquée à 72,7 %) et la masturbation mutuelle (pratiquée à 68,4 %) seraient des pratiques nettement plus courantes.

Le sphincter de l’anus est un muscle circulaire qui contrôle l’ouverture du canal anal au moment de la défécation. Une pénétration anale trop brutale, sans lubrification, ou avec un objet d’un diamètre important sera vécue comme douloureuse à cause de la distension de ce muscle, et peut provoquer des micro-coupures, des saignements, ou des fissures anales. Toutefois, la pratique d’exercices d’assouplissement permet de modifier la dilatation possible de ce muscle. On peut ainsi obtenir une très grande souplesse de ce sphincter par des exercices répétés d’insertion d’objets de diamètre de plus en plus grand.

D’autre part, la muqueuse du rectum est fragile et poreuse aux virus et bactéries. Elle a la propriété (dont tirent parti les suppositoires) d’absorber les substances déposées dans le rectum. En conséquence, elle est un terrain propice aux échanges de maladies sexuellement transmissibles, notamment du SIDA. C’est la raison pour laquelle il est fortement déconseillé d’avoir un rapport anal sans préservatif avec une personne dont on ne sait pas si elle est infectée par de telles maladies ; et même avec un préservatif il est recommandé d’utiliser un gel lubrifiant adapté afin de faciliter la pénétration et ainsi, d’éviter une rupture du préservatif

Dans la Rome antique, un homme libre qui sodomisait ses esclaves manifestait sa puissance. En revanche, un homme libre sodomisé se ravalait à un rang inférieur, et cette passivité était considérée comme honteuse. En français, le terme « enculé » est utilisé comme insulte homophobe, associant la personne visée à quelqu’un s’engageant dans le sexe anal de manière passive ; elle est considérée comme étant particulièrement dégradante, alors qu’au contraire, le terme d’ « enculeur », qui désigne celui qui le pratique de manière active, n’est pas utilisé dans ce but

 H.T