par Pascal Tripier-Constantin

        Le vent antilibéral qui a soufflé lors de la campagne pour le référendum à bien montré, s’il fallait le rappeler, que les Français regardent d’un très mauvais oeil le libéralisme. En fait, La France n’a jamais connu au cours de son histoire de grandes périodes libérales. Nous vivons aujourd’hui au sein d’une démocratie dite libérale, mais notre société et notre modèle, lui, ne l’est pas.
 

          Alors pourquoi le libéralisme a-t-il tant de mal à s’imposer en France? À la manière d’un Frédéric Bastiat, j’envisagerai tout d’abord ce qui se voit et ce qui se dit habituellement face à la question posée, puis je tacherai de faire la lumière sur ce qui se voit moins, éclairages d’ordre anthropologique et historique.

Ce qui se voit, ce qui se dit

          Pour expliquer pourquoi le libéralisme n’a pas de prise en France, on évoque plusieurs caractéristiques pertinentes de notre pays:

• La France possède un État historiquement fort. La France est en effet une construction militaire de l’État. Alors qu’au 17e siècle les Provinces-Unies (Hollande) et l’Angleterre institutionnalisaient la défense des libertés individuelles, la monarchie absolue d’un Louis XIV parachevait la toute puissance de l’État.
• Un 20e siècle déchirant où l’identité nationale fut mise à rude épreuve. L’union et la solidarité nationales furent de mise pour lutter contre les menaces extérieures.
• Un parti communiste très fort après la guerre avec lequel les gouvernements en place à commencer par le gouvernement provisoire du Général de Gaulle, durent composer.
• Un enseignement national dominé par un programme collectiviste (plan Langevin-Wallon, Loi d’orientation Jospin, …) et une puissance syndicale démesurée au sein du ministère de l’Éducation nationale, monopole d’État.

          On pourrait donc penser que les Français subissent un héritage collectiviste et étatiste qui leur empêche de voir les atouts du libéralisme et donc de devenir libéraux. Il suffirait de faire connaître les bienfaits du libéralisme pour que la population française l’adopte. Il suffirait qu’un homme politique courageux entreprenne des réformes radicalement libérales pour que la population constate rapidement dans sa vie quotidienne les bienfaits du libéralisme.