Un colosse asiatique contre un petit, c’est à peu près comment on pourrait représenter schématiquement le face à face entre la Chine et la France.
La Chine est le 2ème fournisseur de la France alors que la France n’est que le 20ème fournisseur chinois. Et encore, parmi les exportations de la France vers la Chine, 40% proviennent du secteur aéronautique et donc, des commandes d’avions Airbus pour des compagnies chinoises. Airbus est plus un leader européen plus que purement français. Les exportations des autres secteurs de l’économie française en direction de la Chine (vins, produits laitiers, viande…) sont, elles, en baisse.
De quoi s’arracher les cheveux pour le président français qui a pourtant fait de la relation commerciale avec la Chine un rendez-vous récurrent de son quinquennat.
Le voyage de trois jours de Macron à Shanghai et à Pékin fait ainsi suite à une visite d’État de Xi Jinping en France en mars dernier. Au moins une visite par an de prévue et 6 rendez-vous depuis 2017 entre les deux hommes.

Mais pour venir conter fleurette aux autorités chinoises, Macron a compris qu’un travail d’équipe était indispensable. En mars dernier, la venue d’Angela Merkel et de Jean-Claude Juncker à Paris pour former un trio devant Xi Jinping avait marqué les esprits. De nouveau en Chine, Emmanuel Macron est venu accompagner d’un Irlandais, Phil Hogan, qui est surtout commissaire européen (à l’agriculture puis au Commerce à partir de début décembre). L’UE, à elle seule, c’est justement le 1er fournisseur de la Chine et le deuxième client. Alors forcément, le rapport de force s’équilibre.

L’objectif, c’est bien que la Chine ouvre ses frontières aux produits agroalimentaires européens. Deux difficultés : d’abord, Donald Trump fait la même demande et le même forcing depuis des mois, avec une méthode bien différente mais des résultats à venir. Comment l’Union européenne peut-elle se faire entendre et venir prendre sa part du gâteau?
Enfin, la réciprocité n’est pas dans les gênes chinois. Pour preuve, le terme même de « réciprocité » ne se traduit pas en chinois… Il faudra en tout cas beaucoup de persuasion européenne.

Odette F