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Johnny Hallyday en vedette, ce 10 janvier, place de la République. Un nouveau choix émotionnel du Président ? Un nouveau calcul politicien ?Pourquoi Johnny ? Johnny, un chanteur populaire, plutôt de droite, face à un François Hollande, impopulaire, plutôt de gauche (?), c’est peut-être cela la concorde nationale après tout ! Pauvre Johnny ! Qu’est-il venu faire, en ce matin pluvieux, en ce lieu désormais symbolique, devant ce parterre de politiques au visage commémoratif ? Prenant lui-même une triste mine, le malheureux nous a gratifié d’une piètre prestation. Sans faire offense à notre Johnny national, que j’aime bien et dont je salue et la carrière et la longévité, cet homme est un chanteur de variétés, pas un chanteur à textes, et ça s’est senti ce matin. Un texte au demeurant assez pauvre, qui ne restera pas dans les mémoires.

Un Charles Aznavour eut sans doute été plus à sa place, non ? Les 3 H en vedette, ce 10 janvier. Hollande, Halliday, Hidalgo, en trio socio-politique majeur. Un maigre public à ses côtés, une poignée de personnes, qui paraissent abandonnées. Que la place était vide, triste ! La preuve que l’on ne décrète pas la mobilisation citoyenne comme l’on décrète la mobilisation militaire. Nos concitoyens – et c’est tout à leur honneur – veulent être libres de commémorer quand ils veulent, où ils veulent, avec qui ils veulent. Sans doute, le jour et les modalités d’organisation ne leur convenaient-ils pas, pour être venus aussi peu nombreux. Sans doute, surtout, est-il temps de revoir les processus commémoratifs. Trop d’hommages et de commémorations, à dates si rapprochées, ne tue-t-il pas « l’esprit commémoratif » ? On dira ; c’est pour les victimes qu’ « on » fait ça : j’aimerais en être sûr. Il me semble, moi, qu’après les légitimes émotions, doit venir le temps de la discrétion. C’est aussi cela le respect aux victimes. C’est aussi cela leur dignité.

Michel Fize