Le Cercle publiait il y a peu une invitation au débat par un militant local sur le thème suivant : « Parti socialiste: Qu’est-ce qu’être de gauche aujourd’hui ? »

Pour un libéral authentique, un tel concentré de sottise ne peut que pousser à réagir, ce que je fais ici. Pourquoi sottise ? Parce qu’au moins cinq anti-concepts en dix mots, je vois en cela un record.

Passons-les en revue pour mieux s’en convaincre : parti, socialiste, gauche, être et aujourd’hui.

Aujourd’hui : Il est de bon ton de croire que notre époque aurait des particularités qui feraient que certaines idées seraient plus spécialement pertinentes qu’il y a un siècle ou même vingt ans. Mais la chose politique n’est-elle pas de savoir comment organiser la société ? Cela dépend de ce qu’est l’homme, mais de quoi d’autre ? La technologie ? La crise ? Elles sont le produit de nos actions, donc des conséquences de notre organisation. Non, les idées sont bonnes ou fausses, hier comme demain.

Etre : Que veut dire être de gauche ou de droite ? On serait marqué par le destin, comme on peut être noir, blanc ou jaune ? Et incapable de changer d’idée ? Non, on n’est ni de gauche ni de droite, on croit à un instant que telle idée est la meilleure. Mais cela suppose de bonnes ou mauvaises idées. Or il n’y a que des idées fausses ou des idées justes, correctes, en phase avec l’homme. Il y a ce qui est cohérent avec le fonctionnement humain et donc social, et ce qui ne l’est pas.

Parti : Non seulement on pourrait donc se tromper d’idées, mais en plus il serait légitime de s’organiser pour imposer ses / ces idées à autrui ? N’est-ce pas là le rôle des parents et surtout de toute société que de transmettre idées et réflexions par l’explication, sans chercher à les imposer ?

Gauche : Bien malin qui pourra m’expliquer la gauche : un coup communiste, socialiste, nazie, social-démocrate, puis bobo et social-libérale. Mais qu’on m’explique aussi la droite, pétainiste, nazie aussi, lepeniste comme gaulliste, bonarpartiste et de nos jours franchement démocrate et socialisante.

Socialiste : On ne sait plus trop ce que cela veut dire, en fait il n’y a plus guère que deux camps, les étatistes de tous poils et les libéraux, ceux qui veulent imposer leurs vues et ceux qui fichent la paix.

Ainsi pour conclure, la seule question qui mérite débat, cher monsieur, c’est de savoir comment on peut être encore assez ignorant, stupide ou malhonnête pour affirmer à tous qu’il existerait d’autres idées valables que celles de la liberté.

  • Stéphane Geyres (Mouvement des libertariens), 51 ans, consultant.
    Tee-shirts jaunes et tracts à la main sur le marché de Villeneuve-sur-Lot