« L’enfer n’existe pas pour les animaux, ils y sont déjà ». Cette citation de Victor Hugo retranscrit parfaitement le quotidien des 3 millions d’animaux terrestres élevés et abattus chaque jour en France pour notre consommation, auxquels il faut ajouter un nombre plus important encore de poissons et de crustacés.

L’immense majorité de ces animaux sont élevés dans notre pays de façon intensive. Les cochons sont entassés dans des bâtiments, sur un sol en béton, les truies reproductrices sont enfermées dans des cages ne leur permettant même pas de se retourner sur elles-mêmes, les porcelets sont mutilés sans anesthésie (castration des mâles, queues coupées, dents meulées). Les poulets sont élevés en bâtiments sur une « litière » saturée d’ammoniac, brûlant pattes, yeux et voies respiratoires. Ils sont ensuite ramassés à la « moissonneuse », entassés sans ménagement dans des caisses, afin d’être envoyés à l’abattoir. Les canards et oies, enfermés dans de minuscules cages, subissent un gavage qui leur cause d’extrêmes souffrances, les poussins et canetons indésirables (car du « mauvais » sexe) sont broyés en pleine conscience ou meurent écrasés ou asphyxiés après avoir été entassés vivants dans des sacs-poubelles. S’ensuivent des conditions de transport souvent terribles, notamment pour les veaux âgés de 2 à 3 semaines, transportés pendant des jours, affamés et assoiffés faute de systèmes d’alimentation adaptés à bord des camions. Les animaux sont ensuite martyrisés (décharges électriques, coups de pieds…) avant d’être égorgés, découpés ou dépecés dans nos abattoirs, parfois encore conscients.

N’oublions pas non plus les animaux domestiques qui subissent des actes de cruauté, le plus souvent impunis, ni les animaux enfermés dans les cirques, obligés d’exécuter des numéros contre nature. Les animaux subissent des expérimentations dans les laboratoires, souvent sous de faux prétextes. Quant aux animaux sauvages qui vivent sur le sol français, ils ne bénéficient d’aucun statut, ils sont au contraire livrés aux fusils des chasseurs, sans aucune protection, malgré des populations en chute libre notamment en raison d’une perte de leurs territoires et des multiples pollutions.

C’est ainsi que, année après année, les scandales se succèdent dans notre pays. Pourtant, cette situation ne connaît pas d’évolution significative, malgré le travail remarquable des associations de protection animale, et alors même que 90 % des Français jugent la cause animale importante*. Si de plus en plus d’entreprises agroalimentaires ont commencé à prendre en compte cette évolution de la société, essentiellement pour conserver leurs parts de marché (marques renonçant à la commercialisation d’œufs issus de poules en cage, mise sur le marché de produits végétariens et véganes…), force est de constater qu’il n’en est rien de nos décideurs politiques. Alors même que le candidat Macron avait annoncé lors de la campagne présidentielle l’installation de la vidéosurveillance dans les abattoirs et l’interdiction de vendre des œufs de poules élevées en batterie d’ici 2022… Ces annonces électorales ont été allègrement piétinées sous la pression des lobbies, en dépit d’une très forte demande citoyenne en réaction à des méthodes d’élevage et d’abattage inacceptables.

Dans ce contexte, il était urgent d’opérer une rupture et de faire émerger la question animale dans le champ politique. Le Parti animaliste s’est donné cet objectif, après avoir été officiellement lancé le 14 novembre 2016. Le Parti animaliste, par l’élaboration de perspectives ainsi que d’un programme prenant en considération les intérêts des animaux, veut inclure ces derniers dans les politiques publiques, avec le respect de leurs ressources, de leurs territoires, de leurs habitats et de leurs mobilités.

En se concentrant sur la cause animale et les problématiques qui s’y rapportent, le Parti animaliste permet ainsi de rendre visible cette question, jusqu’à présent le plus souvent marginalisée par les partis politiques traditionnels, et entend la rendre incontournable. Ce faisant, le Parti animaliste a pour ambition de peser dans le débat politique, de manière directe en présentant des candidats aux différentes élections, et de manière indirecte en incitant les autres partis à se positionner sur la question animale et à agir concrètement.

En 2017, après seulement quelques mois d’existence, le Parti animaliste a présenté 147 candidats aux élections législatives, dans 25 % des circonscriptions. Malgré un budget particulièrement modeste, il a obtenu une moyenne de 1,1 % en métropole, démontrant l’intérêt des Français pour améliorer la condition animale. Il s’est ensuite présenté aux élections européennes le 26 mai 2019, créant la surprise avec un score de 2,17 % des voix, et ce malgré des moyens financiers toujours faibles, prouvant là encore la volonté très forte des Français d’amener la question animale sur le devant de la scène politique, notamment en zone rurale, où son score était souvent plus élevé. Ces attentes sont également partagées par les Européens, puisque trois eurodéputés animalistes ont été élus, en Allemagne, aux Pays-Bas, et au Portugal. Le PAN (Portugal) a même franchi la barre des 5 %.

Le Parti animaliste a obtenu pour ces européennes le double du score annoncé dans les sondages, malgré la présence de 34 listes et l’absence de professions de foi envoyées aux électeurs par courrier postal en raison du coût prohibitif d’un tel envoi que le parti n’était pas en mesure d’assumer. On peut noter à ce sujet des règles électorales différentes d’un pays européen à l’autre, puisque dans nombre de pays, les professions de foi, les affiches électorales et les bulletins de vote sont pris en charge par l’État, ce qui n’est pas le cas en France, tout du moins en deçà d’un seuil de 3 % de voix, empêchant par là même l’émergence de nouveaux mouvements politiques. À cela s’ajoute le problème du temps de parole, distribué en France de manière à favoriser les grands partis, et donc de façon totalement inégalitaire. À titre d’exemple, le temps d’antenne octroyé par France 2 entre le 15 avril et le 19 mai 2019 est de 20 heures 43 minutes pour la liste LREM, alors que la liste du Parti animaliste n’a quant à elle disposé que de 10 minutes !  

Enfin, le Parti animaliste a été confronté à de graves irrégularités commises par des préfectures qui n’ont pas livré conformément au code électoral les bulletins de vote qu’elles avaient en leur possession ou par des mairies qui ont « omis » de les mettre à disposition des électeurs. Le Parti animaliste a d’ailleurs déposé un recours au Conseil d’État, le vote étant clairement entaché et remettant en cause la sincérité du scrutin.

Il est également légitime de rappeler que si la France avait fait le choix, comme l’Allemagne ou l’Espagne, de ne pas instaurer un seuil de 5 % en deçà duquel il est impossible d’obtenir des élus, le Parti animaliste aurait obtenu 1 à 2 sièges.

Malgré tous ces obstacles, cette campagne est sans conteste un succès puisqu’elle aura permis de renforcer significativement l’idée que la question animale est une question politique et qu’elle concerne l’ensemble des citoyens de toutes les sensibilités politiques, et qu’elle est désormais incontournable. Elle aura aussi permis aux très nombreux Français en colère par l’inaction de nos gouvernements successifs face aux maltraitances animales de transformer leur colère en espoir. Ainsi, ils ont pu voter non pas contre, mais pour une société de justice et de progrès, qui intègre les intérêts de tous et repense le rapport humains-animaux.

Il était particulièrement pertinent pour le Parti animaliste d’être présent aux élections européennes, car nombre d’évolutions concernant la protection des animaux en France proviennent de normes européennes. Cependant, si l’Union européenne est à l’origine de certaines avancées, force est de constater que ces dernières années elle brille par son inaction, pire, par ses blocages, et empêche toute amélioration significative du sort réservé aux animaux. Nos impôts subventionnent ces sévices via les aides de la Politique Agricole Commune (PAC), sous l’emprise du lobby agro-industriel. Pourtant, la PAC pourrait être la solution pour impulser un véritable changement dans les politiques agricoles des États membres. Comment s’étonner, dans ces conditions, que 73 % des Français considèrent que les animaux sont mal défendus par les politiques, soit 6 points de plus qu’en 2018 (sondage IFOP 30 millions d’amis) ?

Le Parti animaliste s’inscrit en outre dans un mouvement international et est en lien avec les autres partis politiques à travers le monde. Ces partis comptent aujourd’hui des élus aux niveaux locaux, nationaux et européens. En France cette dynamique se traduit par une forte attractivité du Parti animaliste. S’il bénéficie désormais d’un maillage à travers tout le territoire national grâce aux nombreux militants dévoués de terrain, il a également reçu de nombreux soutiens de personnalités, parmi lesquelles Valérie Perrin-Lelouch, Claude Lelouch, Henry-Jean Servat, Sylvie Rocard, Raphaël Mezrahi, Brigitte Bardot, tous fervents défenseurs des animaux. Et bien d’autres encore comme Laurent Baffie, Agnès Soral, Arnaud Tsamère, Robert Hossein, Corinne Touzet, Nolwenn Leroy… Au total, ce sont 50 personnalités, artistes et universitaires qui ont signé une tribune pour soutenir le Parti animaliste lors de sa campagne pour les européennes.

Fort des attentes de la population, le Parti animaliste, indépendant financièrement et politiquement, entend s’inscrire dans la durée, et lui donne rendez-vous pour les prochaines élections.

* Sondage IFOP de 2019.

Le Parti animaliste porte la voix des animaux aux élections européennes !