À partir de 2009, la candidature de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2012 apparaît probable. Il évoque lui-même cette hypothèse à plusieurs reprises, en off, comme en juillet 2009, lors d’une réunion avec les députés UMP[191]. Les commentateurs, au vu des résultats défavorables des sondages effectués à partir des élections régionales de 2010 et de la baisse importante de sa cote de popularité, jugent sa réélection très difficile, voire impossible[192],[193]. Il est en effet donné largement battu par Dominique Strauss-Kahn et François Hollande, qui sont tous deux crédités de plus de 60 % des voix dans l’hypothèse d’un second tour face à lui ; entre mars et juin 2011, plusieurs sondages le donnent même éliminé dès le premier tour[194]. Dans ce contexte, l’éventualité d’une autre candidature que la sienne à droite est évoquée, mais les possibles candidatures d’Alain Juppé et de François Fillon ne recueillent pas de meilleurs scores que celui du président sortant[195],[196] et ceux-ci ne manifestent pas le désir de se présenter.

À partir de janvier 2012, les médias se font l’écho de déclarations de responsables de l’UMP qui confirment implicitement qu’il sera bel et bien candidat[197],[198],[199]. Nicolas Sarkozy officialise sa candidature à un second mandat au journal de 20 heures de TF1, le 15 février 2012. Le slogan de sa campagne est « La France forte ». Un site (lafranceforte.com) et plusieurs profils sociaux (Timeline Facebook, Twitter) sont lancés à cette occasion. Sa candidature reçoit le soutien de l’UMP, du Nouveau Centre, du Parti radical, du Parti chrétien-démocrate, de Chasse, pêche, nature et traditions, de La Gauche moderne, des Progressistes, du Chêne et de la Convention démocrate. La stratégie de la campagne est dirigée par Patrick Buisson, tandis que Nathalie Kosciusko-Morizet est nommée porte-parole[200].
Le début de la campagne officielle coïncide avec une série d’assassinats touchant des militaires français, puis des civils, en Midi-Pyrénées. Il décide d’interrompre sa campagne et préside l’enterrement des militaires assassinés, en présence de la majorité des autres candidats à la présidentielle[201],[202].

Après la tenue d’un grand meeting de campagne à Villepinte, le 11 mars 2012, avec environ 60 000 sympathisants présents[203], les intentions de vote en faveur de Nicolas Sarkozy augmentent de manière significative, même s’il reste devancé par le candidat socialiste, François Hollande, au second tour. Le 15 avril 2012, à une semaine du premier tour, alors que les sondages le donnent à nouveau en baisse, Nicolas Sarkozy tient un grand meeting en plein air, place de la Concorde, pour lequel il revendique 120 000 participants.
Nicolas Sarkozy chiffre son programme de campagne à 5,5 milliards d’euros. Pour les financer et respecter son objectif de retour à l’équilibre budgétaire en 2016, il estime qu’un effort de 53,5 milliards d’euros doit être fourni en plus des mesures déjà votées. Il prévoit que cet effort repose aux trois quarts sur des réductions de dépenses et pour un quart sur des hausses d’impôts.
Totalisant 27,18 % des voix (9 753 629 voix) au premier tour[204],[205], Nicolas Sarkozy se qualifie pour le second tour, deuxième derrière François Hollande (28,63 %). Il se situe à un niveau inférieur à son score de 2007 (31,18 %), et est le premier président de la République, candidat à sa réélection, à ne pas arriver en tête au premier tour de scrutin[206]. Les deux candidats doivent attirer les reports de voix des électeurs de François Bayrou (9,13 %), de Jean-Luc Mélenchon (11,10 %) et surtout de Marine Le Pen (17,90 %). Nicolas Sarkozy, malgré les critiques, confirme la stratégie du premier tour, parle de « vrai travail » – avant de revenir sur l’expression[207] –, et récuse avec indignation les accusations de « pétainisme », tout en attaquant François Hollande sur la maîtrise des déficits[208]. Le 29 avril 2012, lors d’un discours prononcé à Toulouse, il fait l’éloge des frontières et de la Nation[209]. Le 1er mai, lors d’un rassemblement place du Trocadéro à Paris, pour lequel il revendique 200 000 participants[210] et qu’il présente comme étant « la vraie fête du travail », il critique l’attitude de tous les syndicats de salariés, coupables selon lui de « faire de la politique » et de « défendre une idéologie » (certains appelant explicitement à voter contre lui)[211] et affirme notamment vouloir « un nouveau modèle social, où la réussite ne sera pas regardée avec suspicion » et où « le travail et le patrimoine ne sont pas des mots tabous »[212].

 Le 6 mai 2012, il est battu par François Hollande, recueillant 16 860 685 voix, soit 48,36 % des suffrages exprimés. Il s’agit de la deuxième élection présidentielle la plus serrée de l’histoire après celle de 1974. C’est également la deuxième fois qu’un président briguant un second mandat est battu lors d’une élection présidentielle sous la Ve République[213]. Au soir du second tour, dans un discours prononcé à la maison de la Mutualité, à Paris, Nicolas Sarkozy souhaite bonne chance au président élu et déclare : « Cela fait dix ans que chaque seconde, je vis pour les responsabilités gouvernementales au plus haut niveau ; après cinq ans à la tête de l’État, mon engagement dans la vie de mon pays sera désormais différent »[214]. Nicolas Sarkozy avait annoncé avant le scrutin son intention de quitter la vie politique en cas de défaite[215],[216]. Il confirme cette décision à son comité de campagne au lendemain du second tour[217].
Le 8 mai 2012, sur l’invitation de Nicolas Sarkozy, François Hollande participe à ses côtés aux commémorations du 8 mai 1945[218]. Nicolas Sarkozy quitte ses fonctions le 15 mai suivant, à l’issue de la passation de pouvoirs avec son successeur[219].

D’apres C.Yis