Par Stéphane Geyres

 

 

Les récents débats sur l’immigration ont contribué à mettre en avant un concept corollaire et extrêmement mal cerné, celui de la nation, beaucoup craignant qu’une immigration trop forte soit de nature à dénaturer (!) la nation française – ou allemande si nous étions en Allemagne. Les conservateurs sont, sur le paysage politique, parmi ceux qui sont habituellement les plus attachés à la nation et à sa préservation, prenant dès lors des positions plutôt radicales en matière d’immigration. Là où les choses deviennent moins claires, c’est lorsque les « libéraux-conservateurs » – terminologie obscure pour le libéral que je suis – montent également au front pour crier à la patrie-nation en danger.

Le concept de nation fait partie de ces notions dont les contours ne sont pas découpés au scalpel. Chacun comprend la nation à sa manière, tout en tombant plus ou moins d’accord avec celle du voisin ou de la voisine. Souvent, la nation fait appel à des concepts proches, tel le pays, le peuple, l’État, la culture, la langue, le territoire ou encore l’histoire, sans pour autant les regrouper tous.

Wikipedia nous propose d’ailleurs deux définitions, c’est dire si le terme est libre d’ambiguïtés : a) « [le concept de] nation est assez proche de celui de peuple, mais ajoute souvent l’idée d’État-nation » et b) « une communauté humaine identifiée dans des limites géographiques parfois fluctuantes au cours de l’histoire, mais dont le trait commun supposé est la conscience d’une appartenance à un même groupe.» On retrouve cette dichotomie su