Nathalie GRIESBECK

 

 

 

La députée européenne, membre du Modem, souligne le déficit d’image de la France provoqué par la « cascade » d’affaires.

 

Que pensez-vous du projet de loi de la moralisation de la vie politique portée par le gouvernement ?

 

Je suis évidemment favorable à la moralisation de la vie politique. C’est un principe de base quand on est engagé dans la vie publique. Au Mouvement démocrate, nous avons demandé que l’on consulte le peuple français sur la moralisation et la manière de l’organiser d’une manière institutionnelle. Ce qui a été décidé par le gouvernement est l’adoption d’un texte de loi dont les contours ne me paraissent pas correspondre exactement à l’objectif d’une authentique moralisation de la vie politique. Il serait important d’établir un régime juridique qui prévoit de quelle manière on peut évaluer l’enrichissement potentiel d’un élu. Je suis favorable à plus de transparence et de lisibilité sans tomber dans une espèce de suspicion organisée. Je publie quant à moi une déclaration d’intérêt sur le site du Parlement européen. Une fois de plus dans notre pays, à cause de turpitudes inadmissibles d’un membre du gouvernement en charge de la lutte contre la fraude fiscale, on réagit à chaud et l’on va édicter un texte sans avoir pris le temps de le travailler.

 

Etes-vous favorable à la publication du patrimoine des députés et des élus ?

 

Oui, bien sûr. Mais cela peut poser un problème lorsqu’un député est marié sous le régime de la communauté de biens et que l’on va dévoiler la situation du conjoint, ce qui peut être choquant pour celui-ci.

 

Membre de la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures au Parlement européen, quelle est votre position sur le mariage pour tous ?

 

Je regrette qu’il y ait un tel déchirement entre les membres de la communauté nationale sur cette question. Je suis favorable à une union civique qui reconnaît plus fortement qu’avec le Pacs les droits patrimoniaux. En revanche, je suis personnellement totalement opposée à la PMA et à la GPA, non en tant que citoyenne mais en tant que femme.

 

 

Quelles sont les ambitions du Modem pour les municipales de 2014 ?

 

Je travaille très  étroitement avec Marielle de Sarnez, ma collègue au Parlement européen. Nous discutons beaucoup des problématiques qui relèvent de la vie quotidienne des gens. Je souhaite que nos projets et nos désirs pour les collectivités locales soient couronnés de succès. Ce que dit François Bayrou depuis des décennies correspond aux sujets principaux de la société française : la moralisation, les économies pour cesser de dépenser plus que ce dont on dispose. Sur le plan des collectivités locales, nos projets sont tout aussi concrets et rigoureux.

 

Quel rôle comptez-vous jouer ?

 

Je travaille dans le Grand-Est avant tout sur le quotidien car pour moi, l’urgence, c’est le présent et la vie quotidienne des gens. Je travaille à un projet pour Metz et je discute avec beaucoup de personnes. Je pense qu’il faut amener une nouvelle génération dans l’engagement public, tout en combattant les extrêmes de gauche ou la droite. J’ai déjà mené une liste municipale en 2008 et je réfléchis encore à mon engagement. La question est de savoir ce que l’on veut pour Metz, ce qu’il faut améliorer ou changer.

 

Quels échos européens avez-vous sur la France ?

 

L’image de la France est apocalyptique sur tous les plans. Les députés européens des autres Etats membres se demandent ce qu’il se passe en France. Il y a eu une succession en cascade d’événements : l’affaire Cahuzac, DSK, l’affaire Sarkozy, Woerth, Bettencourt.

 

Que pensez-vous de l’avenir des mouvements libéraux en France et en Europe ?

 

Je suis dans le groupe parlementaire présidé par Guy Verhofstadt, qui était premier ministre libéral en Belgique. C’est un homme extrêmement européen. Je siège dans ce groupe parlementaire qui est une alliance où il y a des libéraux et nous nous entendons très bien sur la législation, la justice, les libertés, les affaires intérieures. Pour tout ce socle très important qui correspond à la démocratie, je pense qu’il y a un avenir pour ces partis libéraux. En revanche, je ne suis pas sur la même longueur d’onde qu’eux en matière économique car je pense que l’Etat, lorsqu’il est structuré, respecté et crédible, doit être un régulateur de l’économie telle qu’elle fonctionne aujourd’hui.

 

Propos recueillis par Agnès Taupin