Sa double victoire remportée sur les Prussiens avec la grande Armée à Iéna et Auerstaedt, Napoléon entre dans Berlin le 27 octobre 1806 par la Porte de Brandebourg.
Cette architecture est surmontée d’un quadrige, char à deux roues tiré par quatre chevaux, emblème de la ville qu’en vainqueurs les Français expédieront comme butin à Paris.
Le roi Frédéric-Guillaume III (1770-1840) et sa famille ont fui à Memel.
Au cours de la bataille d’Iéna, le prince Louis-Ferdinand (1772-1806) qui a pris part aux combats, est tué.
L’état de siège durera près de deux ans. Un camp militaire de 10 000 hommes sera stationné en périphérie de Berlin qui compte alors 180 000 habitants, les haut gradés se feront héberger dans les riches demeures du centre-ville et seront prélevés de lourdes taxes sur la population qui subit humiliations et spoliations.
On recense, chaque semaine, de six à dix suicides de Berlinois au cours de près de deux ans d’occupation par les troupes françaises qui quittent la ville le 8 décembre 1808. La Prusse va alors jouer un rôle déterminant dans la lutte contre Napoléon.
Et l’histoire se répètera avec la guerre qu’engage Napoléon III contre l’Allemagne en juillet 1870 (avec le désastre de Sedan).
L’horreur de la guerre est prégnante dans la mémoire collective car est encore éditée des écrits sur cette période.
On peut alors s’interroger sur l’effet de catalyseur qu’ont dû jouer les agressions napoléoniennes sur les deux grands conflits qui allaient suivre.
D. LEFEBVRE