Les positions politiques et économiques des divers partis français semblent éloignées les unes des autres. Si on les regarde de près, on note, cependant, d’étranges similitudes.

Nombre de thèses du Front national sont désormais très proches de celles développées par la gauche du PS, tendance Chevènement – ce qui n’est pas un hasard, puisque Florian Philippot, bras droit de Marine Le Pen, vient de cette mouvance. Des proximités existent aussi entre une part du programme du FN et celui du Front de gauche, pour les mêmes raisons.

Le Parti socialiste français tente d’évoluer vers la social-démocratie, mais ne l’assume pas, et reste encore très marqué par des idées marxistes. L’UMP ne fait quasiment aucun travail intellectuel et oscille entre des positions social-démocrates modérées et des tentations dirigistes destinées à séduire l’électorat du FN, en vue d’hypothétiques rapprochements ultérieurs. Les différences se portent dès lors sur des questions de société telles le mariage homosexuel, ou sur d’autres sujets tels l’immigration, l’islam, l’Europe… Une quasi-unanimité semble exister sur un point : la finance est une activité dangereuse, qu’il faut endiguer, circonscrire, limiter. Elle peut même, du Front de gauche au Front national, être considérée comme diabolique, et comme menant les économies à leur perte en en soustrayant des capitaux qui seraient plus utiles ailleurs.

Une situation difficile implique qu’on prenne des boucs émissaires et qu’on déverse sur eux bile et imprécations. Et la finance est le bouc émissaire idéal : elle est une activité mystérieuse, complexe, où des gens gagnent de l’argent avec de l’argent et peuvent, dit-on, par des décisions arbitraires, imposer leurs diktats à des entreprises et à des pays entiers. Ces gens, qui plus est, n’ont pas de patrie et sont donc des « agents de la mondialisation néo-libérale » (version Front de gauche) ou du « mondialisme » (version Front national)

G.MILLIERE