Les mouvements citoyens sont à la mode. C’est sans aucun doute un signe positif du ras-le-bol politique croissant et a contrario de l’essoufflement du système politique social-démocratique. Nuit debout fait le sitting à la République, Jean-Marie Cavada se croit porte-parole des citoyens, et jusqu’à Emmanuel Macron qui y va de son mouvement, comme si chasser l’immobilisme faisait le politique.

 On ne manquera pas de remarquer que les mouvements prennent surtout de la vitesse au moment où la vie politique se prépare à ne tourner qu’autour de la prochaine élection présidentielle. On objectera sans doute que cela est fortuit, qu’il s’agit en réalité d’une saine expression populaire en réaction à quatre longues années de minables errements de la part de François « Flamby » Premier.

C’est probablement vrai en partie, mais il me semble qu’il convient de rester vigilent en posant très clairement la question du financement de tous ces groupuscules. En effet, n’oublions pas que la loi prévoit désormais le financement des partis politiques, sous les faux prétextes de préservation de la diversité des opinions et d’égalité des chances et d’exposition desdits partis devant les électeurs.

Ce mécanisme est en réalité fort injuste et je m’étonne que les chantres de la justices sociale soient si peu bavards sur ce point. Pourquoi faudrait-il en effet que les impôts financent les campagnes de ceux-là mêmes qui espèrent nous taxer encore plus en vivant de cette manne ? En toute logique, ce devrait être à chaque candidat de s’autofinancer : les taxes ne financent pas la pub à la télévision.

Il y a deux ou trois ans, mon ami Alain Toullec avait l’idée d’un label, le label Bastiat, qui récompense toute entreprise, association ou projet qui n’aurait aucun recours d’aucune sorte aux subventions, par définitions publiques et produits de l’impôt. Le Mouvement des Libertariens et l’Institut Coppet ont reçu ce label, preuve pour le premier qu’il est possible de faire campagne sans argent sale.

On pourrait imaginer reprendre l’idée et la généraliser à tous les partis. Il n’y aurait probablement aucun lauréat digne de Bastiat, mais ce serait probablement une occasion de sensibiliser l’opinion à l’un des grands travers de la vie publique en France. Imaginez un jour un parti dont aucun membre, aucun bien, aucun élu ne serait financé par autre chose que des dons et ses propres deniers. Vous y voyez un risque de corruption par le privé ? C’est oublier que le privé ne fait fortune que grâce à votre commerce et qu’il ne peut durer longtemps contre votre volonté, contrairement à l’étatisme.

Stéphane Geyres