Ex-patron de la communication opérationnelle de Pixmania, Olivier Karsenti a lancé un moteur shopping dont le concept privilégie la rapidité en sélectionnant les produits qui correspondent au prix affiché par le consommateur. Explications par son créateur.

Vous avez lancé votre moteur de recherche en décembre 2012. Comment ce concept est-il né ?

J’ai travaillé très tôt dans le secteur de la communication électronique et du multimédia et j’ai dirigé une structure marketing commerciale d’une filiale d’Havas : Havas édition électronique. J’ai pu comprendre le comportement du consommateur et le fait que l’on vend dans un budget. Les promotions, le destockage influent peu car l’acheteur a du mal à voir quel est le vrai prix d’un produit. Aujourd’hui on est dans le concret : le budget dont on dispose. Il faut donner la possibilité au consommateur de pouvoir choisir et acheter en fonction de son budget. J’ai donc développé ce principe assez simple de l’e-commerce à l’envers : nous ne sommes plus dans un phénomène de séduction présent au démarrage du commerce sur Internet mais de prise en charge par le consommateur. Je suis actionnaire principal de la société que j’ai fondée avec cinq associés.

Quel est son principe ?

Le moteur de recherche fait remonter les produits qui sont les plus proches de la demande, le budget, parmi l’ensemble des marchands qui représentent 85 % de l’e-commerce. Trois résultats s’affichent et la possibilité d’avoir trois résultats en moins et en plus car peut-être que le produit d’un prix inférieur est largement suffisant ou que pour dix ou vingt euros de plus il est possible d’avoir un produit nettement mieux. Neuf résultats sont donc donnés au maximum. Mooznbuy représente plus de 25 millions de produits et 130 sites d’e-commerce référencés. Ce sont des produits neufs, disponibles et le budget affiché inclus les frais de port. Il n’y a rien de pire lorsque l’on voit une promotion de s’apercevoir au moment du paiement que l’on a des frais de port à ajouter. La plateforme est en version beta car nous avons encore du travail à réaliser sur l’algorithme qui doit répondre à 90 % des demandes.

Combien de visiteurs comptabilisez-vous ?

On a en moyenne 50 000 visiteurs par mois car pour le moment nous communiquons peu et nous ne sommes pas très bien référencés sur Google, ce qui est normal car nous sommes un moteur de recherche. Mais on travaille pour augmenter très sensiblement le nombre de visites.

Quels sont vos concurrents ?

Le slogan de Mooznbuy est : « Cessez de comparer. Trouvez ». Je n’ai pas de concurrent direct aujourd’hui, sauf si l’on considère que les comparateurs de prix le sont. Ils fonctionnent par tranche de prix : on donne une fourchette et une quarantaine de résultats s’affichent, mais le problème c’est qu’il y en a tellement que finalement on ne répond pas à la question de départ. Je réponds à la demande qui consiste à trouver les produits les plus proches de son budget. Lorsqu’on tape sur Google un produit et un prix, on va trouver des sites qui référencent le produit et il faut aller sur chacun. Internet se veut un moyen rapide, or on s’aperçoit qu’une recherche peut être très longue, ce qui va être le cas pour un voyage. Nous avons donc développé un autre site, Moozngo, pour les voyages, fonctionnant sur le même principe.

Quels sont les développements à venir de la plateforme ?

Nous voulons placer des curseurs qui permettent au consommateur de situer son achat. Si je veux par exemple acheter un appareil photo en fonction d’un budget de 100 euros, il faut que je sache situer ce prix : bas, milieu ou haut de gamme pour un compact. Nous voulons aussi que le consommateur dispose à partir du mois de septembre d’une information complémentaire sur les possibilités du produit et son potentiel, très rapidement, en deux clics, sans rentrer dans la fiche descriptive. Nous voulons enfin intégrer des produits d’occasion, des articles neufs reconditionnés qui sont 20 % moins chers. Une troisième phase est aussi envisagée pour la mise en ligne de produits d’occasion proposés par les particuliers.

Comment vous rémunérez-vous ?

Nous touchons une commission sur chaque produit vendu, une fois la commande passée sur un site et facturée. En moyenne cette commission se situe entre 4,5 % et 5 %.

Quel est votre investissement de départ ?

C’est un investissement sur fonds propres de près de 200 000 euros. Aujourd’hui il est clair qu’il faut avancer dans le développement et trouver des fonds d’investissement pour le faire car des versions sont prévues sur l’Angleterre, l’Allemagne et l’Europe du Nord.

Propos recueillis par Agnès Taupin