Certes, grâce au concours de Wikipédia, vous avez rédigé quelques lignes sur l’histoire des déportations, mais vous avez négligé la raison de cette commémoration : la déportation de 1939-1945.

Vous avez négligé son originalité : réalisée dans un monde civilisé, par un peuple fleuron de cette civilisation, par des hommes, des fonctionnaires, obéissant « mécaniquement » à des ordres comme dans l’expérience de Milgram (à mon tour de vous proposer la recherche à laquelle on doit se livrer pour comprendre).

Vous avez négligé son originalité, car si vous aviez poursuivi votre recherche sur ce même site, vous auriez constaté, dans les 42 exemples cités, qu’il existait une spécificité historique, ancienne et permanente, de la déportation des juifs.

La spécificité ? D’abord parce qu’elle se terminait presque toujours par leur mise à mort, principalement au cours de la période que nous commémorons. Le « fleuron de la civilisation européenne » a conduit une guerre d’extermination « jusqu’à la dernière seconde, alors même qu’il perdait toutes les guerres. »

La spécificité encore ? « Entre 1939 et 1945, tous les juifs de tous les pays, de tous les âges, de toutes les conditions ont vu progressivement leur destin se confondre », l’exemple en France étant le « statut des juifs », les lois d’exception, le Vel d’hiv… Même destin pour ceux qui se paraient de leur titre d’anciens combattants ou de leur Légion d’Honneur.

La spécificité enfin ? L’anéantissement s’est voulue planétaire, les juifs étant poursuivis  partout dans le monde, jusqu’à Shanghai, a écrit Hannah Arendt  pour décrire « la banalisation du mal ».

Voilà ce que vous auriez pu dire, voilà ce que nous aurions aimé entendre. Peut-être est-ce ce qui a été dit !

 G.Levy