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Si je suis candidat à la prochaine élection présidentielle afin d’y défendre la cause animale, et plus globalement la cause des vivants, humains ou non, en considérant prioritairement les plus démunis, je ne suis pas sans solutions ni propositions sur les grandes questions actuellement au cœur du débat politique, et notamment sur les questions de société. J’aimerais aborder ici la question du cannabis dont je prône la légalisation depuis de nombreuses années. Selon un sondage Ipsos publié le 10 octobre 2016, plus de la moitié des Français (52 %) se dit aujourd’hui favorable à l’inscription de cette question dans le débat des candidats à la présidentielle.

En effet, 84 % de nos concitoyens considèrent que la législation en vigueur n’est pas efficace, ce qui conduit 50 % des sondés à se prononcer pour une autorisation de consommation des majeurs. D’ores et déjà Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate à la primaire de la droite et du centre, se prononce pour la dépénalisation (mais pas la légalisation).

En revanche, Benoît Hamon, qui est, lui, candidat de la primaire, à gauche, préfère la légalisation. A côté de ces deux positions politiques, l’on trouve la position du think tank, Terra Nova, préconisant, dans un rapport publié début octobre, la création d’une Autorité de régulation qui, comme cela se fait en matière de jeux en ligne, gérerait la production et la consommation de cannabis. La production serait assurée soit par des agriculteurs français autorisés par le ministère de l’Agriculture, soit par des entreprises étrangères. Quant à la vente, elle serait confiée à des détaillants eux-mêmes agrémentés. Mon choix est la légalisation.

A ce choix il y a d’abord une raison d’équité juridique. Puisque l’alcool et le tabac, produits hautement toxiques, sont en vente libre pour les personnes majeures, on ne voit pas bien la raison pour laquelle le cannabis qui, au moins en petites ou occasionnelles consommations, est moins dangereux que ces deux produits, ne serait pas lui-même autorisé par la loi.

La deuxième raison est d’efficacité politique. En dépit d’une législation très sévère, ainsi que de milliards d’euros engloutis pour contrer le trafic, la France est l’un des plus gros consommateurs de cannabis en Europe. La troisième raison est de santé publique. Produit en France sous le contrôle de l’Etat, dans les conditions exposées par Terra Nova, puis vendu dans des officines officielles (pharmacies ou bureaux de tabac par exemple), le cannabis mis sur le marché serait un produit « propre », dont on aurait réduit au passage la teneur en tétrahydrocannabinol (THC), qui est aujourd’hui très élevée (au moins trois fois supérieure à ce qu’elle était il y a vingt ans).

Ajoutons à ces trois raisons le fait qu’une légalisation du cannabis n’entraînerait pas nécessairement une augmentation de sa consommation. L’exemple des Pays-Bas, très libéral sur le sujet, l’atteste sans ambiguïté. Par ailleurs, la légalisation casserait en partie les trafics qui pourrissent la vie des cités. Bien entendu une légalisation du cannabis pour les majeurs ne résoudrait pas tous les problèmes. Quid par exemple de la consommation des mineurs qui est aujourd’hui importante (Terra Nova rappelle que les premières expériences de cannabis sont observées dès la classe de 4 ème – 11 % des élèves de ce niveau reconnaissant avoir déjà fumé au moins une fois) ? Les mineurs interdits d’accès au marché légal ne seraient-ils pas tentés de se tourner vers le marché parallèle (même résiduel) qui fournirait certes un produit moins propre mais moins coûteux aussi ? Autre argument en défaveur de la légalisation : le développement des drogues dures. Même si l’on sait qu’un fumeur de shit ne devient pas obligatoirement un consommateur d’héroïne ou de cocaïne, l’argument n’est pas à négliger totalement.

En revanche l’argument de la moralité publique avancée par les adversaires de la légalisation n’est pas très juste. Pourquoi serait-il convenable de vendre alcool et tabac et immoral du cannabis ? La légalisation du cannabis (production et vente légales) que je propose n’a évidemment pas pour objet d’encourager la consommation de ce produit toxique mais de permettre d’engager enfin de véritables campagnes de prévention contre les effets nocifs d’une consommation excessive (troubles de la concentration, de la mémoire, troubles digestifs, etc.). Pour l’heure, notons les progrès dans le monde de la dépénalisation du produit : l’Uruguay, certains cantons suisses, le Portugal, peut-être bientôt la Californie, ayant fait ce choix