Marseille a tout pour plaire dans les chiffres : 2ème ville de France en termes de population, 1er port français, 1ère cité universitaire en région, 2ème ville en France pour l’accueil des congrès. La ville accueille 5 millions de touristes par an.

La ville était recommandée par le NY Times comme parmi les villes à découvrir pour l’année 2019, décrite comme une ville « en renouveau qui attire de jeunes créatifs de partout en France et d’ailleurs », « preuve réelle de sa métamorphose ».
Marseille connaît un renouveau inédit depuis le début de la décennie. En 2013, elle est nommée Capitale européenne de la culture, avec ce symbole de cette renaissance culturelle, le musée national du Mucem, le musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée. 

Jadis, la zone qui allait de la gare Saint Charles jusqu’au bord de mer où s’est installé le Mucem était une des plus pauvres de la ville. Aujourd’hui, les entreprises se sont réimplantées au centre de la ville et l’économie a fait le pari du secteur tertiaire, en se spécialisant dans des domaines comme le tourisme, les services, l’innovation énergétique, les technologies numériques, le maritime mais aussi l’aéronautique.

La tour Jacques Saadé, créé par l’architecte Zaha Hadid, domine maintenant la ville et le port de Marseile, en abritant le siège de la prestigieuse compagnie maritime CMA CGM, 3ème groupe mondial de transport maritime. 

Marseille s’est refait une beauté, mais voilà, dans quelques mois ont lieu les élections municipales. Et si Jean-Claude Gaudin, maire Les Républicains, a déjà annoncé qu’il ne briguerait pas une nouvelle mandature après 25 ans à la tête du Conseil municipal. Mais l’actuel maire essaiera de défendre un bilan qu’il juge positif. Il devra faire face à une opposition qui a déjà posé sur la table les dossiers de la pauvreté et des finances publiques, les deux points faibles de l’équipe Gaudin avec d’abord, le drame du balcon écroulé en 2018, symbole d’une politique immobilière marseillaise à la dérive. Marseille, dans un rapport commandé par les socialistes de la ville qui devrait atteindre les 700 pages, est décrite comme ayant « quarante ans de retard ».

Avec, comme problème relevé, une mauvaise gestion du personnel, notamment en ce qui concerne les proches du cabinet de Jean-Claude Gaudin, entraînant des dérives dans les dépenses : « L’insuffisante durée de travail a représenté chaque année, entre 2012 et 2017, près de 12 millions d’euros de dépenses et l’équivalent de près de 300 agents« .

Le 5 décembre sera en tout cas décisif à Marseille. Les Dockers du port se joindront-ils aux mouvements de grève pour faire de la ville un bastion de la contestation sociale ?