ceintureAu lendemain du carnage perpétré par 8 terroristes à Paris, des sources proches de l’enquête révèlent que les individus portaient tous des ceintures d’explosifs.

Une arme de guerre

Les circonstances des attentats de Paris survenus dans la soirée du 13 au 14 Novembre font froid dans le dos. Et pour cause : parmi le matériel utilisé par les terroristes se trouvaient non seulement des kalachnikovs mais aussi des ceintures d’explosifs. Aucune donnée précise ne permet de connaitre la date exacte d’invention de ces dispositifs. En revanche, une des premières utilisations du principe de ces ceintures remontent au 21 mai 1991. En pleine campagne électorale, une militante des Tigres tamouls, Thenmuli Rajaratnam, assassine le Premier ministre indien. A titre d’hommage, elle lui aurait mis autour du cou un collier de fleurs piégé, qu’elle a fait ensuite exploser. On relève également, cette fois le 19 octobre 1994, l’utilisation d’une ceinture d’explosifs lors d’un attentat revendiqué par le Hamas. Le terroriste se serait alors fait exploser dans un bus de Tel Aviv et aurait causé la mort de 22 personnes. Toutefois, l’usage de tels équipements dans un pays en paix comme la France est particulièrement interpellant et choquant. Il relève d’une nouvelle tendance qui s’est déjà exprimé dans plusieurs pays où règne la paix. Le 20 août 2015 par exemple, un braquage a eu lieu dans un bureau de poste à Bruxelles. Le voleur était équipé d’une ceinture d’explosifs et menaçait de faire tout sauter si ses instructions n’étaient pas suivies à la lettre. Si l’attaque n’a provoqué aucun décès, les forces de l’ordre belge ont pu constater un mode opératoire tout nouveau qui va bien au-delà du « simple » emploi d’armes à feu. Quelques années plus tôt, à Courbevoie, un employé d’une société de transport de fonds s’était fait agressé par des braqueurs qui l’avaient alors forcé à enfiler la ceinture d’explosifs. On apprendra plus tard que le matériel était factice.

Une fabrication plutôt technique

Les ceintures d’explosifs ne font pas partie du matériel des petits délinquants. Ce sont bel et bien des équipements utilisés en temps de guerre et en particulier pour des attentats suicides. Concrètement, ce sont des gilets munis de plusieurs cylindres contenant des explosifs reliés à un détonateur. Pour augmenter le nombre de victimes, les terroristes vont couramment jusqu’à ajouter des vis, des boulons et d’autres objets pouvant maximiser les blessures. L’explosif utilisé peut varier suivant les terroristes. Le plus efficace reste le C-4 mais son approvisionnement devient de plus en plus difficile. Certains se retranchent donc vers la TNT ou fabriquent eux-mêmes des mélanges semblables à l’ammonal, un produit à base de nitrate d’ammonium, de trinitrotoluène et d’aluminium en poudre utilisé à l’époque pour les mines britanniques pendant la première guerre mondiale et qui reste encore aujourd’hui utilisé comme explosif industriel. Une fois les explosifs dans les cylindres, les gilets chargés peuvent peser de 5 à 20 kg.

 

Dans l’état actuel des choses, l’étude des ceintures utilisées par les terroristes lors de l’attentat de Paris, et notamment l’identification des explosifs employés, va donner de précieux indices pour l’enquête en cours. Il reste également à savoir comment des engins de la sorte peuvent se retrouver sur le sol français…