C’est vrai que les médias ont l’habitude de parler de « valeur refuge » quand ils parlent de l’or. Ce qui donne à cette matière une image de placement à la papa qui souhaite constituer un matelas de sécurité « au cas où » ! En réalité, c’est une qualification bien restrictive même si le risque de crise n’a jamais été aussi important en ce début XXIème siècle.

C’est indéniable, l’or monte lorsque le reste s’écroule. Un pays en faillite (quelle que soit la raison), un système financier qui explose, une économie qui s’arrête, une catastrophe climatique majeure, un conflit armé qui se développe ou dégénère…et on se retrouve avec les placements en or qui prennent de la valeur. Attention, on parle bien ici d’or physique !

En effet, il est possible d’investir l’or sous forme d’ETFs (ou Exchange Traded Funds, des contrats qui répliquent l’indice or), on parle dans ce cas-là d’or papier, investissement sans lien réel avec la matière tangible mais bien avec un indice boursier. Comme tout indice, il peut être fortement manipulé y compris par des machines programmées pour faire du Trading Haute Fréquence. Finalement, peu de différence avec les autres produits financiers que l’on trouve sur les marchés. Donc finalement acheter de l’or papier, c’est aussi risqué que d’investir en bourse puisqu’on reste à la merci d’une défaillance du système financier et/ou bancaire.

L’or physique ce sont les bijoux avec de forts volumes échangés en Inde ou en Chine mais aussi les lingots, les pièces et les jetons. La base est toujours la matière précieuse mais l’usage et la fiscalité diffèrent fortement.

Pour les bijoux, on parle là de transmission familiale avec le don ou l’achat de bijoux pour une jeune mariée, l’arrivée d’un enfant ou n’importe quelle étape de la vie d’un homme. Les anciens transmettent l’épargne qu’ils ont constituée pendant toute leur vie pour apporter aussi une certaine sécurité à leur descendance. En cas de problème, quelques grammes sous forme de bagues ou de colliers seront vendus. C’est une façon de transmettre son patrimoine.

Un cours ? Mais quel cours ?

Quand on parle de « cours de l’or », on parle aujourd’hui du fixing de Londres. Seul cours officiel dans le monde. En France, la Banque de France a supprimé son indice officiel en 2004. L’indice anglais fût longtemps aussi opaque que le fonctionnement de la première ligne du XV de la Rose dans une mêlée. En effet, des grands marchands d’or, grands industriels et certaines grandes banques se réunissaient en conclave par téléphone pour sortir quotidiennement un cours. Evidemment, les rumeurs de manipulation des cours couraient depuis quelques années, une organisation a même réussi à faire condamner quelques membres de ce comité pour cette raison.. Depuis une certaine transparence a été mise en place avec notamment, la connaissance des stocks et volumes d’or échangés sur les marchés. Mais il existe toujours un risque pour les investissements en or connectés sur cet indice britannique : or papier et dans une moindre mesure lingots. En effet l s’échange chaque jour environ 800 tonnes d’or…c’est le deuxième actif le plus liquide au monde après les bons de trésor ! Pour autant il faut diviser ce chiffre par 300 pour avoir la quantité d’or physique qui change de main. Le reste n’est en grande partie que de l’effet de levier sur des stocks ou la réplication de l’indice lui même. Manipulation quand tu nous tiens !
L’or d’investissement : les pièces d’or Monseignor

Pour être réellement en dehors du système financier et bancaire, il faut investir dans de vraies pièces d’or. Des objets qui ont, comme toute monnaie, un pouvoir libératoire, c’est-à-dire que vous pouvez lui attribuer une valeur qui permettra de l’échanger contre un bien ou un service. Cette valeur est fixée par le prix de son poids en or mais aussi par une prime qui est fixée selon des critères qui ne sont pas manipulables. Il y a ainsi sa rareté – on connait peu ou prou combien de pièces sont encore en circulation- , son millésime, le nom de son graveur, son histoire, sa qualité et bien évidemment le niveau de la demande. Ainsi, un Napoléon, un Krugerrand, un Dollar, etc. auront une valeur « spot » fixée par le prix de leur poids selon l’indice de Londres mais aussi un pourcentage supplémentaire que l’on appelle la prime qui correspond en fait à la pression entre l’offre et la demande. Simple, basique.

Un investissement en phase avec son époque parce qu’il est aussi loin le temps où les « louis d’or » étaient planqués dans une margelle de puit ou sous une latte de parquet. En effet, l’or est regardé avec intérêt par les promoteurs des crypto “monnaies”. En effet, les inventeurs de ces actifs avaient au départ l’envie de diminuer leur dépendance au système financier. Il faut se souvenir que le ou les inventeurs du Bitcoin on inventé ce moyen d’échange en réaction à la crise financière de 2008 aux Etats-Unis, avant que ces “monnaies”numériques soient corrompues par les spéculateurs. Alors un peu naturellement, tout le monde se met à regarder à nouveau l’or, comme base tangible d’échange. Affaire à suivre.

Jean-François FAURE – Président de VeraCash.