Ce témoignage est comme notre mémoire : achronique et chaotique. Parfois un souvenir en appelle un autre, comme dans un classeur bien rangé. D’autres fois, les pensées se mélangent et tournent frénétiquement dans une tête qui a trouvé refuge dans l’amnésie, l’insomnie. Ce réflexe d’ultime défense trouble l’identité et ne nous permet pas de nous déterminer, jusqu’à ce que les premiers souvenirs reviennent en mémoire et que l’on reprenne le contrôle de soi, pour tenter de continuer à vivre.

Mathilde BRASILIER raconte son histoire sous le nom d’emprunt de « Maud Steiner ». Le livre commence par la mort du père, le 21 Mars 2005. Une date marquée au fer rouge dans sa vie : « La bête meurt… La bête est morte » ;avec une autre, celle du suicide de son frère Fabien, le 6mars 1985. Celui qui a fait de son enfance un enfer part rejoindre l’être qu’elle a le plus aimé, ce double qui ne vit plus que dans son souvenir. Mais ça, elle ne le sait pas depuis longtemps…

Jusqu’en 2000, sa mémoire lui fait défaut, elle est convaincue d’avoir eu une enfance heureuse avec son frère. « Il y a des êtres qui justifient le monde, qui aident à vivre par leur seule présence ». C’est après des années de thérapie qu’elle se souvient des séquences traumatiques d’une enfance confisquée

Mathilde Brasilier a longtemps exercé comme architecte avant de se consacrer à l’écriture. En tant que journaliste, elle a signé de nombreux articles pour le Nouvel Observateur, Challenges et Sciences et Avenir . Ce récit autobiographique est son premier ouvrage.