Un certain Jim Rickards se présentant comme économiste a vu un de ses articles publié récemment sur ce site, sous le titre : « Les Banques centrales prêtes à tout pour obtenir l’inflation ». On y trouve une vision de la monnaie, du système monétaire et de l’inflation qui montre combien même les professionnels de la finance comme ce monsieur maîtrisent peu les fondamentaux économiques.

Il commence par contester une définition bien connue des libéraux : « Beaucoup de gens pensent que pour obtenir de l’inflation il suffit d’imprimer de l’argent. C’est ce qu’a déclaré Milton Friedman. Ce n’est pas vrai. Imprimer de l’argent, en soi, ne provoque pas d’inflation. » Ce monsieur se trompe, bien sûr. Le mot inflation n’a pas été choisi par hasard, historiquement. Il vient d’un volume total de monnaie qui enfle lorsqu’on en crée en plus. Mais ce n’est pas tout. Si nous avons soudain plus de monnaie, du fait de cette inflation, alors la valeur relative de la monnaie baisse, comme le veut la loi de l’offre et de la demande. Ce qui explique à son tour la hausse des prix exprimés en cette monnaie.

Cette mise au point quant à ce qu’est réellement l’inflation permet d’apporter d’autres éclairages. Le premier (*), c’est que l’inflation n’est que rarement naturelle – elle ne l’est jamais avec les monnaies papier modernes. De plus, puisque la concurrence fait continuellement son œuvre et tire les prix vers le bas, on comprend facilement que la norme est dans la déflation – les prix baissent, la valeur de la monnaie monte. Ce qui veut dire qu’à salaire constant, notre pouvoir d’achat monte, monte, monte.

On comprend donc que si notre pouvoir d’achat baisse, comme c’est le cas en ce moment, ce n’est pas la faute à la crise ni au capitalisme, mais bien à l’état tricheur qui enfle sans cesse le nombre des euros, ce qui ne cesse de faire grimper les prix et d’appauvrir les pauvres. L’état n’aime pas les gens.

Pourtant notre amuseur nous affirme que : « Les forces déflationnistes étant encore fortes, … » comme si la déflation était donc un fléau ; et finit de s’enfoncer ainsi : « … l’objectif de la Fed, qui est de produire de l’inflation, prend un caractère encore plus urgent. » Ben voyons. Il est urgent de faire baisser la valeur de l’argent, donc celle des bas de laine et du pouvoir d’achat de tout le monde.

Et pour finir en apothéose, il nous explique le monde : « Quant aux élites mondiales… Elles ont besoin d’inflation car c’est la seule façon de régler le problème des dettes souveraines. » Le pire, c’est qu’il dit la vérité cette fois. Enfin, presque. Il serait plus honnête de dire que c’est l’inflation qui a permis d’imaginer la dette comme une norme. Et que le mieux serait de ne jamais endetter son peuple.

(*) Lire ceci pour s’en convaincre : http://blog.turgot.org/index.php?post/Guido-D%C3%A9flation