IMMIGRATION
Quatre années consécutives d’une immigration nette de plus en plus élevée ont permis à l’Allemagne d’inverser une décennie de baisse de sa population. Depuis 2011, l’immigration nette outre-Rhin a, chaque année, dépassé 300 000 personnes, avec un record de 1 139 000 personnes en 2015. L’augmentation de l’immigration a ainsi permis au pays d’enrayer le déclin de son taux de natalité et de frôler, en 2015, les 82 millions d’habitants, chiffre qu’il n’avait plus atteint depuis 2009. En 2015, le pays a enregistré sa plus forte augmentation annuelle de population depuis plus de vingt ans (+1,2 %), une croissance qui se concentre sur les personnes en âge de travailler. Pourtant, les tendances de long terme continuent d’annoncer un déclin démographique en Allemagne.
D’après l’institut allemand des statistiques (Destatis), même un million de migrants ne suffira pas à inverser le repli de la population dans la durée. D’après les calculs de Destatis, le déficit de natalité se creusera à partir de 2020, au moment où la génération du baby-boom commencera de décéder. Et même si le taux de natalité passait de 1,4 à 1,6 enfant par femme, le nombre total de naissances reculerait à long terme. Pour compenser ce déclin, l’Allemagne aurait besoin de 470 000 immigrants chaque année jusqu’en 2040, un flux qui, toujours selon Destatis, a fort peu de chance d’être maintenu année après année sur longue durée. La population allemande devrait donc baisser à partir de 2020, comme le décrit le scénario de « continuité dans un contexte d’immigration plus limitée » de la treizième projection coordonnée de Destatis (voir graphique cidessou