Hélène Bravin est journaliste est aussi chercheur associé à l’IPSE (Institut Prospective & Sécurité en Europe) et “auteur de Kadhafi, vie et mort d’un dictateur” (Éditions Bourin, 2011). Elle s’est spécialisée, depuis de nombreuses années, sur les questions du Maghreb. Elle écrit pour différentes publications, dont les Cahiers de l’Orient et la Revue de Défense nationale (RDN). Elle intervient comme conférencière à l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (IHEDN) sur la Libye et l’Ecole de guerre (sur le Mali). Mais aussi comme analyste dans différents média. Enfin, elle préside le Prix littéraire Paris-Liège qui récompense chaque année un essai. Et elle est consultante auprès de multinationales.

Officier des forces armées libyennes, Kadhafi arrive au pouvoir lors du coup d’État de 1969, qui renverse la monarchie. Il se distingue d’emblée par une politique volontariste visant à concrétiser les objectifs du panarabisme. En 1977, il réorganise les institutions de la Libye en faisant du pays une Jamahiriya (littéralement un « État des masses »), théoriquement gouvernée par le peuple lui-même selon un système de démocratie directe. En 1979, il renonce au poste officiel de chef de l’État, mais demeure de facto aux commandes de la Libye avec le titre de « guide de la Révolution de la Grande Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste » (ou plus simplement « guide de la Révolution » ou « frère guide »), exerçant un pouvoir absolu en dehors de tout cadre temporel ou constitutionnel.

Sur le plan intérieur, son régime utilise les ressources financières de la Libye pour en développer les infrastructures, l’éducation et le système de santé ; les libertés politiques sont par contre quasi nulles et le pouvoir s’appuie sur unBIBI_opt système de terreur et de surveillance constante de la population. Sur la scène internationale, Kadhafi milite pour le panarabisme et le panafricanisme ; il utilise en outre la manne pétrolière pour financer des organisations terroristes et autres mouvements de rébellion à travers la planète. Il est généralement considéré comme le responsable de l’attentat de Lockerbie en 1988 et de l’attentat contre le vol 772 UTA en 1989, qui ont coûté la vie à 440 personnes. Par la suite, au début des années 2000, il opère un changement d’attitude diplomatique et parvient à revenir en grâce sur le plan international en se positionnant en allié de l’Occident dans la « guerre contre le terrorisme ».