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Après la COP 21 et les mesures prises par les différents chefs de gouvernement, peut-on vraiment crier victoire ? Peut-on se montrer satisfait des efforts fournis par chaque pays pour réduire la pollution ? En réalité, pas vraiment. Et pour cause, l’activité de l’Homme et sa course technologique démesurée et irréfléchie ont conduit à une pollution de son environnement proche mais aussi lointaine à des niveaux dont le citoyen lambda ne prend pas encore conscience.

Pourquoi avoir réagi avec la COP 21 ?

C’est la première question que toute personne devrait se poser car elle est essentielle. Sommes-nous assez idiots pour accepter l’idée que des politiciens obnubilés par des questions économiques et attirés par l’argent décident de faire des efforts pour réduire la pollution anthropique ? Il faut plutôt être lucide et avoir bien conscience qu’ils ont créé cette conférence pour l’environnement pour une seule et unique raison : ils sont pris au piège. D’un côté, il y a les conséquences déjà observables sur l’environnement et qui sont le cheval de bataille de plusieurs associations non gouvernementales comme WWF. De l’autre, il y a la peur et l’alerte lancée par tous les scientifiques concernant les conséquences à venir si on ne limite par le réchauffement climatique à deux degrés. Et entre les deux, on retrouve aussi les populations, premières victimes de la mauvaise gestion des pays. Il y a en effet tous ces signes de pollutions atmosphériques catastrophiques qui mettent en péril la santé des habitants. On pense notamment aux pics d’ozone régulièrement constatés dans plusieurs grandes villes mais surtout aux alertes rouges lancées dans plusieurs mégalopoles en Chine. Des bancs de brouillard épais sont ainsi visibles dans la province du Shandong. Mais ce n’est pas tout. Le nombre de migrants climatiques commencent à connaître une croissance particulièrement inquiétante. Fuyant les inondations provoquées par la montée des eaux (due elle-même à la fonte des glaces) ou encore les régions de forte sécheresse où l’agriculture pourtant vital pour se nourrir devient impossible, de plus en plus d’individus se déplacent géographiquement. Des guerres se déclarent également, comme celles pour l’eau, très fréquentes en Afrique. Ce sont donc pour toutes ses raisons que les différents états sont désormais contraints de réagir. Ils n’ont aucune autre solution. Rien ne dit d’ailleurs qu’officieusement ils tiendront les engagements qu’ils ont couché sur le papier lors de la COP 21…

Une pollution qui s’étend au-delà de la Terre

Si l’Homme, dans sa folie des grandeurs, s’était contenté de polluer la planète terrestre, l’affaire aurait été un peu moins grave. Pourtant, la vérité est toute autre. Souvenons-nous de la conquête spatiale, de l’envoi de tous ces satellites pour faire fonctionner nos systèmes de navigation GPS,… Qui a ramené sur Terre les vieux engins désormais hors d’usage car irréparables ou démodés ? Personne. Depuis quelques années pourtant, il a été mis en évidence que l’Homme, de par ses actions, a pollué l’espace. D’après Le Point, la Nasa estimait en 2013 que plus de 23 000 débris de plus de 10 centimètres erreraient dans l’espace. En cause, des morceaux de fusées, des satellites en fin de carrière, mais aussi des outils perdus par les astronautes,… Environ 4 900 lancements auraient été effectués depuis 1957, soit le début de l’ère spatiale. Or, ils auraient induits la production de débris spatiaux qui avec le temps, les dislocations et collisions successives n’ont pas cessé de croître en nombre. Un article de Sciences et Avenir parlait déjà à l’époque de la situation préoccupante que représente cette pollution. Heiner Klinkrad, directeur du département des débris spatiaux à l’Agence Spatiale Européenne (ESA) évoquait alors « un risque de collision démultiplié ». L’article rappelle que le risque de collision pourrait être multiplié par 25 si le rythme de production des débris continue sur sa lancée. En 2014, un expert au Centre National d’Etudes Spatiales (Cnes) avait répondu aux questions du 20 Minutes à l’occasion du désamarrage de la capsule non habitée Cygnus qui devait approvisionner la Station Spatiale Internationale (ISS). Il parle ainsi, outre la collision, d’un deuxième risque lié à ces objets : celui de les voir retomber sur terre. On y lit aussi que « la ville de Médine en Arabie Saoudite a été touchée par des débris d’anciens satellites russes » à plusieurs reprises sans pour l’instant faire de victime.

Que faire pour lutter contre cette pollution ?

Sur le papier, il existe une réglementation internationale stricte qui stipule que tous les objets présentant une menace potentielle « doivent être désorbités de façon contrôlée à la fin de mission soit pour être détruits en grande partie lors de leur retour dans l’atmosphère, soit en revenant se poser sur terre ». Toutefois, comme le rappelle l’expert au Cnes, elle n’est pas appliquée par tous les pays. La France a mis en place une loi spatiale depuis 2010 mais il faut savoir que de telle loi demande un certain temps d’application. De ce fait, même si elle déjà en vigueur, prévoir un mécanisme de retour ne sera obligatoire qu’à partir de 2020. Dans un arrêté du 31 mars 2011, on peut lire au point 5 de l’article 21 : « Le lanceur doit être conçu, produit et mis en œuvre de façon à ce que, après la fin de la phase de lancement, ses éléments constitutifs mis sur des orbites traversant la région protégée A soient désorbités dans le cadre d’une rentrée atmosphérique ». Des alternatives sont bien évidement prévues en cas d’impossibilité. On peut noter que les missions Soyouz, le cargo ravitailleur européen ATV et le lanceur Vega sont déjà équipés d’un mécanisme de retour. En revanche, Ariane 5 non. Récemment, l’entreprise du fondateur de Tesla, Elon Musk, a toutefois réalisé un exploit qui donne beaucoup d’espoirs. Space X a réussi à faire décoller une fusée Falcon 9 le 21 décembre dernier et à faire revenir le premier étage de son lanceur sur Terre. Ce dernier s’est posé en douceur un peu plus de dix minutes après le décollage. Il s’agit d’une grande première dans le domaine spatial. Cet exploit représente non seulement d’énormes économies mais aussi un pas conséquent vers des fusées réutilisables. Les premiers étages de lanceurs sont généralement abandonnés dans l’espace, participant de ce fait à sa pollution. Ce retour réussi pourrait donc à termes être bénéfique pour la galaxie.

Peut-on nettoyer l’espace ?

Réparer ses erreurs est toujours possible. Enfin, c’est ce qu’on dit. Après avoir pollué l’espace avec autant de débris, est-il réellement envisageable de le nettoyer ? Pour répondre à cette question, plusieurs pistes sont en cours d’étude. Christophe Bonnal évoque l’idée de « recourir à des filets, des pinces, des harpons, voire même des boules de chewing-gum géantes ». Ainsi, en 2014, l’Agence d’exploration aérospatiale japonaise Jaxa (équivalente à la NASA) a exprimé son souhait de vouloir lancer une mission fin février pour tester une technique de nettoyage à l’aide d’une longe électrodynamique. Attachée à un débris, la corde devrait théoriquement se charger en électricité car soumise au champ magnétique terrestre, ce qui aurait pour conséquence d’augmenter l’attraction électromagnétique entre notre planète et le débris. Ce phénomène aurait donc tendance à attirer le débris vers l’atmosphère terrestre qui le désintègrerait. D’autres projets sont également en cours d’étude. La NASA a par exemple imaginé un laser capable de vaporiser les débris depuis la surface terrestre qu’elle a nommé Orion. L’Ecole polytechnique de Lausanne et le lanceur de satellites Swiss Space System auraient quant à eux créé CleanSpane One, un engin doté d’un bras capable d’attraper les déchets et de les envoyer vers l’atmosphère terrestre où ils seraient détruits.

La pollution spatiale devient chaque année plus préoccupante. L’Agence Spatiale Européenne a estimé qu’il y avait urgence à réagir afin d’éviter d’atteindre le point de non-retour baptisé « syndrome de Kessler ». Concrètement, il s’agit d’un scénario dans lequel la quantité de déchets est tellement importante qu’ils entrent dans un phénomène de collision en chaîne, provoquant chaque fois plus de débris. Cette situation serait particulièrement grave et conduirait à rendre inapprochables de grandes zones orbitales.