« L’homme et le trait, dialogue entre Francis guyot et Wei Ligang » est plus qu’un dialogue entre deux artistes. L’un est français et a exposé en Chine, l’autre est chinois et régulièrement en France en résidence. Les deux ont suivi une formation de scientifique en amont pour Francis Guyot, en parallèle pour Wei Ligang.
Dans cette exposition, Francis Guyot a travaillé autour du Mythe de Sisyphe d’Albert Camus. Wei Ligang y expose pour la première fois des œuvres en résonnance avec celles de son confrère.
Du dialogue entre ces deux artistes – temps fort qui symbolise les alliances existantes tant dans le monde des arts, qu’entre la Chine et la France – c’est aussi une réflexion sur les nouveaux enjeux artistiques, culturels et politiques.
Ce dialogue entre deux artistes est aussi un dialogue entre deux pays – la France et la Chine – avec la présence de nombreux représentants venus de Chine, où se situe le centre d’art Yishun.
Sous le haut patronage de Monsieur le premier ministre Jean-Pierre Raffarin, cet événement permet des échanges différents et favorise une rencontre politique autour de l’art et de la culture.
D’un dialogue entre deux artistes à un dialogue de professionnels, d’une collaboration entre les artistes avec des grands centres d’art, cette exposition est résolument tournée vers l’avenir. Un avenir tourné vers le bonheur tel Sisyphe qui trouve le sien dans l’accomplissement de la tâche qu’il entreprend et non dans la signification de cette tâche.

« Cet univers désormais sans maître ne lui paraît ni stérile, ni fertile. Chacun des grains de cette pierre, chaque éclat minéral de cette montagne pleine de nuit, à lui seul, forme un monde. La lutte elle-même vers les sommets suffit à remplir un cœur d’homme. Il faut imaginer Sisyphe heureux. » (Albert Camus)
Les artistes :
Né d’un père, menuisier ébéniste, Francis Guyot apprendra très vite l’amour du bois, celui des formes et des volumes. C’est cette générosité que cet artiste transmet aujourd’hui à travers ses sculptures, générosité qu’il a prodigué de nombreuses années à travers un autre métier : la médecine. Après ses études à Poitiers, il devient médecin de campagne à Targé, et le restera durant 25 ans. A l’écouter, la médecine n’est d’ailleurs guère différente de l’art : Pour reprendre ses mots, un artiste accouche de son œuvre, et la relation intime avec son public lui tient à cœur.
Talentueux calligraphe et véritable génie des mathématiques, Wei Ligang se consacre entièrement à la calligraphie après l’obtention de son diplôme en 1985 et devient professeur de calligraphie à Taiyuan en 1988. Puis il décide de s’adonner davantage à la peinture sans jamais perdre le lien avec la pratique calligraphique qui influence considérablement son art. Les caractères chinois qui se déploient dans ses oeuvres ne sont plus simplement des mots désignant une chose donnée mais l’expression d’une démarche artistique toute personnelle.
Commissariat : Laurent Bellin et Li Chenlu / Production : Yang Yang
Exposition du 12 au 14 septembre 2018 de 12 h à 20 h
Vernissage mardi 11 septembre à 19 h Espace Thorigny

4 Place de Thorigny,
75003 Paris

Véronique Grange-Spahis