L’Euro fort fait aujourd’hui des miracles. Il dispose en effet d’un pouvoir extraordinaire : il fait oublier tout le reste, il est l’alibi idéal pour expliquer le chômage et tous les autres fléaux qui s’abattent actuellement  sur notre économie et notre société.

Ce pouvoir est fondé sur le mensonge et l’erreur, qui abusent facilement un peuple ignorant de la chose économique et dûment conditionné par la pensée unique, véhiculée par les médias.

Quelle surprise en effet de voir depuis quelques jours l’euro fort à la une de tous les quotidiens, sur tous les plateaux de télévision ! C’est l’euro fort qui plomberait la croissance des pays européens, c’est lui qui expliquerait les délocalisations, c’est lui qui se ferait rouler dans la farine par le dollar, le yen, la livre sterling et toutes les monnaies du monde qui gèrent la crise en dépréciant volontairement leurs devises pour mieux doper leur production nationale. Tout cela à cause de l’entêtement de la BCE et des Allemands qui ne veulent pas prendre le risque d’une inflation. L’Europe ne participe pas à la « guerre des monnaies » qu’évoquait avec prémonition Jean Yves Naudet dans une de ses récentes analyses de conjoncture.

Le mythe de l’euro fort repose en fait sur l’ignorance volontaire ou non de plusieurs réalités, par ordre d’importance croissante.

1° L’euro n’est fort qu’en comparaison de monnaies volontairement et dangereusement affaiblies

2° En réalité l’euro est une mauvaise monnaie

3° Les Français font pression pour que l’euro soit déprécié plus vite, plus fortement

4° L’euro « fort » n’empêche pas des pays de la zone euro d’avoir une croissance supérieure à la nôtre et un chômage très inférieur au nôtre

5° La France est menacée non par l’euro, mais par la tyrannie du statu quo.

Pour résumer : comme en France on est dans l’incapacité de changer les vices fondamentaux que l’Etat a introduits dans notre économie, on persuade les Français que « c’est la faute des autres ». L’euro fort va de pair avec le « made in France » : les autres sont les méchants, nous sommes les meilleurs. Ce langage est tenu pratiquement par la quasi-totalité de la classe politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite.

1° Il est vrai que les Américains, les Japonais et les Anglais se livrent depuis quelques mois à des acrobaties  monétaires qui paraissent habiles, mais sont suicidaires. Habiles parce que la profusion de monnaie créée par les banques centrales de ces pays est émise en contre-partie de créances sur le Trésor Public : la dette publique est gérée avec de la monnaie de singe. Quand on dit que l’euro est fort, il faudrait surtout dire que le dollar est faible. Les Chinois l’ont bien compris, qui refusent de réévaluer leur monnaie qui, à son tour, est gagée sur la masse de dollars qu’ils détiennent.  Suicidaires parce que progressivement la cortisone monétaire va tuer toutes les défenses immunitaires de ces économies.

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